
mon cheminement en soins infirmiers
C’était le 9 juin dernier que je devais me présenter à 8h00 pour quelques heures de présentation informatives, notamment au sujet des assurances, la prise de photos pour la carte d’employé, l’attribution du numéro d’employé et la signature de toute une pléiade de documents (code d’éthique, dépôt bancaire). Le tout s’est terminé vers 10h30 après avoir fait la file pour faire faire notre carte d’hôpital, dite la « carte bleue ». Pourquoi faut-il être détenteur d’une carte de l’hôpital pour y travailler?? Aucune idée. Nous n’étions pas payé pour ces heures à l’hôpital jeudi.
Le lendemain débutait l’orientation officielle, théorique, qui a duré 7 jours en tout, de 8h00 à 16h00 ou de 9h00 à 17h00, dans des auditorium où la température ne dépassait pas les 12 degrés, merci à une climatisation qui nous a tenues éveillées et grelottantes! Une curiosité a retenu mon attention: le syndicat est venu se présenter et nous offrir des stylos pendant notre pause, nous privant ainsi des minutes prévues pour se délier les jambes et se changer les idées … drôle d’entrée en matière!
Pendant ces sept journées, nous avons fait le tour de différents thèmes: les incontournables comme la prévention des infections, la sécurité informatique, les déchets biomédicaux; les plus pointus comme la FADM (feuille d’administration des médicaments), le bilan de soins (notes infirmières); et pour terminer, la dernière journée, un 8 heures obligatoire sur l’allaitement, car Ste-Justine vise la certification « ami des bébés« . Pour les filles qui avaient été externes l’été passé, il y avait beaucoup de répétition; elles ont sûrement été rassérénées de savoir que ce programme sera révisé pour les cépi de l’été prochain qui n’auront pas à se claquer une 2e fois la formation si elles l’ont déjà eue. Pour nous qui n’avions jamais mis les pieds à Ste-Justine, cela représentait parfois énormément d’informations importantes à assimiler trop rapidement, d’autres fois une redite des notions vues pendant notre formation, bref un mouvement oscillatoire entre la panique et l’ennui.
Jeudi le 16 juin, la conseillère en soins de l’unité de chirurgie, où je travaillerai, est venue me remettre mon horaire jusqu’au 16 juillet. Il s’agit de 2 journées de formation théorique au sujet de l’unité, 1 journée d’orientation physique sur l’unité, puis de 12 jours de préceptorat pendant lesquels je serai jumelée à une infirmière. Je n’ai reçu aucune autre précision, je présume que j’en saurai davantage en arrivant sur l’unité. Pour cette période d’intégration, je travaillerai de jour, soit de 7h30 à 15h45. C’est tôt (!) le matin mais c’est aussi tôt l’après-midi, ce qui est quand même plaisant!
Maintenant que le DEC est terminé et réussi, l’heure du bilan devrait avoir sonné mais entre le début du travail comme cépi et la préparation pour l’examen de l’ordre, il reste peu de temps pour s’épancher! Plusieurs questions d’ordre philosophiques restent donc encore en suspens pour le moment.
Toutefois, il est possible de dresser rapidement une petites listes des facteurs qui m’ont permis de mener à bien ce projet de retour aux études. Je ne suis pas la seule à avoir atteint mon objectif, toutes mes camarades l’ont fait et certaines en surmontant des difficultés importantes, que ce soit au niveau scolaire ou personnel. Personnellement, je crois avoir eu le parcours le plus facile qu’il soit possible d’avoir même si au final le tout s’est avéré bien plus prenant que prévu. Voici à mon avis les clés les plus importantes de mon cheminement.
Je n’ai pas obtenu un succès retentissant à l’examen de synthèse de programme (82%) mais comme j’ai néanmoins réussi, ce qui est quand même l’objectif visé, voici quelques informations sur ma méthode de préparation et d’étude. D’autres ont bien réussi avec différentes méthodes, je crois qu’il s’agit essentiellement de ne pas déroger du système qui a bien fonctionné pendant toute la durée du programme.
1. D’abord j’ai réuni dans un cartable tous mes résumés d’examens des 3 années. J’ai réimprimé ceux que j’avais jetés (c’est l’avantage de faire ses résumés en format numérique), mais il était plus pratique de pouvoir utiliser ceux que j’avais déjà annotés en étudiant. J’ai ensuite réuni les autres informations que je détenais, sois 2 documents préparatoires à l’ESP, obtenus via des connaissances. J’ai sorti le cahier préparatoire aux ÉCOS du cégep de Sorel que j’avais acheté en 1e année et le guide préparatoire de l’OIIQ pour l’examen de l’ordre. J’ai retrouvé le guide d’enseignement que nous avions monté lors du stage en périnatalité. Pour l’étude de la médication, j’ai regroupé les informations dans des tableaux par catégories de médicaments, pour les classes qui risquaient d’être questionnées. J’avais déjà commencé à le faire au fur et à mesure des sessions, ce ne fut donc pas très long d’ajouter les quelques médicaments manquants.
2. J’ai lu une première fois attentivement tous mes résumés en commençant par les plus anciens, puisque j’avais déjà bien en mémoire la matière des examens des semaines précédentes. Lors de cette première lecture, j’ai pris des notes à la main dans le but de constituer des mini-résumés de quelques pages au maximum. Ainsi, pour l’ensemble de la session de psychiatrie, j’ai résumé à la main en 8 pages la matière contenue dans une centaine de pages de résumés d’examen. J’ai fait le même exercice pour périnatalité et pédiatrie, puis pour chirurgie. J’ai aussi parcouru les cahiers de techniques pour résumer à la main les enseignements reliés à des techniques de chirurgie, par exemple soins de stomie ou de trachéotomie.
3. Pour changer le mal de place, j’ai lu le cahier préparatoire de l’OIIQ. Je n’ai pas fait les exercices, j’ai plutôt lu le corrigé des deux parties, théorique et pratique. Nonchalamment, j’ai aussi lu le guide du cégep de Sorel une fois.
4. J’ai relu rapidement tous mes résumés au cas où quelque chose m’aurait échappé, puis j’ai relu attentivement les mini-résumés à la main. Par la suite, je n’ai plus étudié que les mini-résumés, où j’étais assez confiante d’avoir regroupé l’information la plus essentielle.
5. Deux jours avant l’examen, j’ai lu les 2 documents préparatoires fournis par d’anciens étudiants pour voir si quelque chose s’y trouvait qui n’aurait pas figuré dans mes notes, j’ai relu le guide de l’OIIQ et continué mon étude dans mes mini-résumés.
D’une manière générale, j’ai mémorisé très peu d’éléments, à part quelques items reliés à la médication, car la quantité d’informations ne permet pas de manière réaliste d’apprendre par coeur vraiment. J’ai décidé de privilégier les enseignements et les interventions au détriment des notions biologiques, physiologiques ou théoriques, qui n’avaient pas ou peu été questionnées au cours des sessions.
Je savais que j’étudiais trop, même si j’avais l’impression de ne pas étudier suffisamment: on voudrait tout connaître, tout comprendre et tout savoir, ce n’est pas possible, ce n’est pas nécessaire non plus évidemment, mais l’enjeu est tellement grand, la pression tellement forte que dans mon cas, seule l’étude acharnée vient à bout de me calmer les nerfs un tant soit peu.
Les profs nous avaient beaucoup dit que si on avait eu de bons résultats aux examens, on allait probablement avoir le même genre de résultat à l’ESP, de ne pas trop s’en faire avec ça, qu’il ne fallait pas aller dans les détails pour l’étude, qu’il fallait s’en tenir à ce qui doit être connu par exemple d’une infirmière d’équipe volante qui va pour une journée en périnatalité. Heureusement que nous n’avons accordé aucune crédibilité à ces propos.
J’ai passé les trois dernières semaines en Corse. Trois jours après mon arrivée là bas, je n’y pensais déjà plus, reste que le 16 mai dernier avait lieu l’ESP: examen de synthèse de programme, un examen récapitulatif des trois années de cours de soins. En réalité, ce sont les deux dernières années qui sont à l’étude car fonction de travail et diagnostics infirmiers n’ont pas été questionnés, les techniques non plus. Le contenu de l’examen m’a complètement désarçonnée. Malgré l’énorme quantité de notions à l’étude, on a trouvé le moyen de nous interroger sur des sujets qui n’avaient jamais été abordés! Il faut dire qu’il est difficile qu’un examen rédigé une année après que les cours aient eu lieu, par d’autres professeurs que ceux qui ont dispensé les cours, soit conforme à l’enseignement reçu. Je me méfiais particulièrement de périnatalité et pédiatrie, et avec raison: même si j’avais étudié, très sérieusement, des heures et des heures durant, et que je maîtrisais à mon avis assez bien les thèmes à l’étude, presque toutes les questions m’ont laissée perplexe et je n’étais sûre d’absolument aucune réponse.
L’ensemble de cet examen m’a beaucoup déçue. Après des semaines d’étude et de révision, j’avais espoir de pouvoir relever un défi à la mesure des efforts fournis, je me voyais déjà sortir du local de cette dernière épreuve fatiguée mais fière de moi, contente d’avoir su répondre à une validation honnête et stimulante de mes connaissances. Après 30 minutes d’examen, j’étais enragée de constater que le processus d’évaluation allait finalement manquer de rigueur jusqu’à la toute fin. Cette manière de clore trois longues années de travail acharné m’a beaucoup attristée et j’ai encore un pincement au coeur quand j’y pense (mais c’est rare!)
En arrivant chez moi, j’ai immédiatement noté rapidement toutes les questions dont je pouvais me souvenir pour les partager ici. Je pense ne pas en avoir oublié plus de 2 ou 3 peut-être. J’avais déjà rédigé un billet dans lequel j’écrivais qu’une étude sérieuse pendant les trois années, une bonne organisation et une révision méticuleuse étaient garantes du succès à l’ESP, mais malheureusement, tout le travail accompli ne m’a pas été d’un bien grand secours pour répondre aux questions, alors que j’ai plutôt tenté des réponses au hasard le trois-quart du temps.
cliquez pour les questions de l’ESP de mai 2011 du cégep Maisonneuve
Quand j’ai reçu l’invitation pour la soirée du Mérite scolaire, en mars dernier, je n’avais pas l’intention d’y aller. Puis j’ai appris que trois de mes camarades de soins étaient aussi invitées, deux pour leur moyenne générale, une pour son implication sociale, et après avoir discuté avec elles, j’ai changé d’avis et décidé de me présenter. D’abord, comme me le fait remarquer mon conjoint, cela ne pourra pas nuire d’ajouter cette mention à mon cv. Et puis, il est finalement assez rare dans la vie que notre travail acharné soit reconnu, en fait cela n’arrive presque jamais, aussi bien en profiter. Je reste avec mes réserves quant au fait que toutes les étudiantes aient été considérées de la même manière, car celles qui ont eu à conjuguer les cours de base avec les cours de soins doivent fournir un travail beaucoup plus considérable pour obtenir de bons résultats; je me sens un peu usurpatrice, d’autant plus que les deux autres candidates sont des mères célibataires qui sont revenues aux études. La semaine dernière, j’ai rencontré dans un corridor le professeur dont j’avais fourni le nom aux organisateurs, afin qu’il me remette mon prix. Il m’a dit qu’il était très touché, je ne pouvais donc plus me désister puisqu’il est au courant et a accepté l’invitation! C’est le professeur de sociologie qui m’a enseigné pendant 2 sessions. Lorsqu’on m’a demandé de fournir le nom d’une personne membre du personnel ayant marqué mon séjour, c’est le seul qui me soit venu en tête, spontanément.
Au bout du compte, tel que prévu, la soirée a été d’un ennui mortel, énumération de noms, de notes et d’accomplissements. Des gens de sciences pures et de sciences santé qui terminent avec une moyenne générale de 95% et se méritent un beau 150$, c’est un peu gênant. Heureusement, certains d’entre eux ont cumulé plusieurs bourses: meilleure moyenne en chimie, prix ceci, prix cela, au bout du compte ils pourront peut-être s’acheter un vélo! Le moment le plus émouvant de la soirée a été la remise d’un prix à mon amie Geneviève pour son engagement et sa réussite scolaire exceptionnels. Au moment de la photo de groupe de la fin, j’étais gênée d’entendre l’animatrice dire: voici donc notre belle jeunesse!! HAHAHA!!

Mes camarades Josée et Tania ont obtenu respectivement la 1e mention et le prix (300$); nous avons toutes maintenu une moyenne de 88%.
Lundi matin, 7h15, je descends l’escalier comme un zombie: j’ai passé la nuit à essayer de répondre à des questions d’examen dont les réponses m’échappaient, je me suis réveillée en sueurs dix fois en tournant la tête en panique vers le cadran. Je pars toujours trop tôt quand il y a des examens, au cas où j’aurais une crevaison en route. Il pleut à verses, il vente à tout rompre. J’essaie d’être émue par le fait que c’est la dernière fois que je fais ce trajet. Je roule sur Sherbrooke, mon vélo est encore plus pesant que d’habitude, alourdi de mon angoisse et de toutes mes incertitudes face à cet examen qui va sceller mon sort dans quelques heures. Je suis certaine d’avoir fait tout ce qu’il y avait à faire, j’ai révisé, relu et étudié pendant des jours. Je ne pouvais rien faire de plus. Et pourtant, je ne me sens pas prête, mais je ne le serai jamais évidemment. Toutes ces choses qu’il me reste à apprendre, toutes ces notions que je ne maîtrise pas tout à fait encore. Et ces questions qui seront préparées par on ne sait qui, sur les matières des sessions antérieures, ces professeurs sauront-ils ce que nous avons vu, ce que nous n’avons pas vu!? Comment bâtir un examen équitable pour 100 étudiantes qui n’ont pas toutes suivies les mêmes cours avec les mêmes professeurs? Je ne leur fais pas confiance, voilà ce qui m’inquiète le plus. J’ai très bien étudié mais qui sait quelle mouche les aura piquées au moment de rédiger les questions, quelle idée les prendra de questionner tel ou tel sujet jamais abordé en cours, ce n’est pas comme si ça ne s’était jamais produit!!!
Arrivée à l’école, je jase un peu avec quelques camarades. Tout le monde a la gorge nouée, une boule dans l’estomac, on se fait des petites blagues mais la nervosité est palpable. Ça a beau être le dernier examen, il n’y a que nous que ça stresse: la prof n’a pas la clé pour déverrouiller le local, la sécurité n’arrive pas … nous entrons finalement. On y est. Trois années d’étude, trois années de panique, de stress, d’angoisse, six sessions de cégep pour en arriver là. Les copies sont distribuées, j’inscris mon nom, la main me tremble un peu.
L’examen se passe très mal. Très mal. J’ai l’impression que je ne sais rien. Mes appréhensions étaient justifiées. Plutôt qu’un examen qui évaluerait l’ensemble de nos connaissances les plus importantes acquises pendant trois ans, sorte de manière de faire le point et de savoir où on en est, il s’agit d’un questionnaire complètement décousu portant essentiellement sur les enseignements. Que dirais-tu à une madame que ci, un monsieur que ça … Je suis furieuse. Pendant toute la durée de l’examen, je combats pour ne pas me laisser emporter par cette colère qui me déconcentre. Trois années d’étude, des jours et des jours passés à réviser, pour se faire finalement évaluer sur quelques notions d’enseignements, aucune intervention, aucune notion physiologique. Bien sûr, tel que prévu, quelques questions portent sur des sujets jamais étudiés! Alors qu’il y aurait matière pour des centaines sinon des milliers de questions pertinentes dans l’énorme corpus que nous avons amassé depuis le début du programme, on a trouvé le moyen de nous poser des questions qui sortent de nulle part. Un examen loin de refléter le statut professionnel que revendique l’OIIQ pour les infirmières.
Je remets mes copies et je sors. Je me sauve du cégep, je ne veux parler avec personne, j’ai le coeur dans la gorge. Il pleut encore plus fort qu’à l’aller, je pleure tout le long du trajet dans mon capuchon. Comment se peut-il que je doive reprendre cet examen vendredi, comment ferai-je pour réussir mieux vendredi alors que j’ai fait toute l’étude qu’il fallait, comment me reprendre, comment me préparer … je suis tellement déçue. J’espérais que cet examen viendrait clore de belle façon le projet que j’ai débuté en septembre 2008, je me voyais sortir fière de moi d’une épreuve finale difficile mais dont je serais venue à bout à force de travail et de détermination. Quel revirement lamentable. Je passe l’après-midi sous les couvertures, toute habillée, à essayer de me vider la tête. Je suis presque certaine de ne pas obtenir la note de passage. Je ne suis pas la seule: sur facebook, plusieurs de mes amies sont inquiètes et en colère.
Quand il arrive, mon chum vient me rejoindre sous les couvertures. Il attend avec moi. Il ne sait pas trop quoi faire, il se dit que j’ai sûrement raison d’être fâchée et déçue, en même temps il pense qu’il faut attendre la note avant d’être découragé … C’est vers 16h30 que quelqu’un écrit: les notes sont là. Pendant que j’essaie d’accéder à omnivox, ma prof de stage m’appelle pour me donner ma note. Je ne réponds pas, elle laisse un message dont le ton guilleret laisse penser à mon chum que j’ai assurément réussi. Quelques minutes plus tard nous sommes fixés: c’est réussi. Je pleure pendant quelques minutes, complètement vidée. Je ne suis même pas contente de moi vraiment, j’ai l’impression d’avoir gagné à la loterie plutôt que d’avoir accompli quelque chose. C’est enfin terminé. Un premier objectif est atteint. Ça ne se termine pas comme je l’aurais voulu, c’est même un gâchis total comme finale, mais je m’en fous. Je prépare mes bagages pour partir en voyage vendredi, et je tenterai un bilan à mon retour.
Une autre épreuve derrière moi: le dernier examen de calcul, celui qui pouvait tout faire rater. Il compte pour 5% du cours d’intégration, une note de 15/20 est requise pour s’assurer la note de passage de 60%, grâce à une super échelle d’équivalence probablement pas tout à fait légale mais bon, l’heure n’est plus à l’opposition, puisque nous terminons.
Jeudi matin, nous étions toutes agglutinées devant le local d’examen, énervées, stressées, angoissée. Le feeling d’avoir quelqu’un debout sur ma poitrine m’indique que mon anxiété se traduit par une légère oppression respiratoire. Comme toujours avant un examen, je n’ai ni mangé, ni bu de thé: d’expérience, je sais qu’à l’examen de calcul de fin de session, j’ai de la difficulté à écrire mes premières réponses tellement la main me tremble! Je suis assez impressionnée par le niveau sonore quand nous entrons finalement dans le local: tout le monde parle et rit très fort. Nous sommes toutes assez nerveuses, et ça se comprend: un échec à cet examen entraîne un échec de tout le cours d’intégration, carrément; stages, examens théoriques, étude pour l’examen final, tout cela aurait été complètement vain!! Juste d’imaginer cette possibilité me donne le vertige, je n’ai aucune idée de comment je réagirais. J’ai passé la nuit à rêver à des calculs à faire de tête, sans crayon, à des cadrans qui ne sonnent pas, à des problèmes d’arithmétique complexes que je n’ai jamais vus … et pourtant, je sais que je suis bien préparée et j’ai obtenu 19 ou 20 à tous les examens de calcul précédents. Malheureusement, ceci ne garantit pas cela, et rien ne me met à l’abri d’un douloureux 14/20.
L’examen était beaucoup plus facile qu’anticipé finalement: des règles de trois, des remplacements de pertes gastriques, un ou deux pièges, plusieurs calculs qu’on peut même faire de tête. À 8h40, après 25 minutes, j’ai terminé. Je ferme ma copie, je prends une grande respiration, je rouvre la copie: les examens de calcul sont les seuls que je révise. Ma technique en fait est la suivante: je reprends les calculs de chaque numéro immédiatement après l’avoir fait; ensuite je reprends tout l’examen, en relisant les questions et en ne regardant pas mes calculs, comme si je le faisais pour la première fois. Je trouve une erreur! Je remets ma copie à 9h00. Je regarde les filles avant de sortir, je souhaite tellement que nous réussissions toutes …
Finalement, il y aura des échecs. Des filles pour qui tous les efforts de cette session viendront s’échouer sur une dizaine de problèmes de calcul. Dans ce qui représente vraiment une des incohérences les plus frappantes de ce programme: l’examen de calcul a lieu en fin de session, quand tous les autres examens et les stages ont été réussis, quand des médicaments ont été administrés par ces même filles qui échouent l’examen … si c’est ce qu’on cherche à vérifier, ne serait-il pas plus pertinent de valider les compétences mathématiques avant de partir en stage? Pourquoi garder cet élément stresseur et briser les reins et la détermination de quelques unes qui ont peut-être seulement été un peu trop nerveuses, pas assez confiantes? Comment se fait-il qu’un examen qui décide de toute la session ne soit pas assorti d’une reprise, comme le veulent habituellement les règlements scolaires? Au bout du compte, une copine ne sera pas là à l’examen de synthèse. Cela me gâche un peu le soulagement d’avoir réussi. Et me fait penser que tout peut encore se jouer lundi prochain. Je me suis remise à l’étude immédiatement en revenant à la maison.
Voici un très bon exemple du genre de calculs qu’il fallait réussir à l’examen final, les problèmes étaient quasiment les mêmes avec seulement quelques données de modifiées. Comme c’est arrivé souvent au cours des sessions, ces exercices qui nous ont été fournis comportaient quelques erreurs dans le corrigé, ce qui est franchement assez angoissant quand tu te pratiques la veille de l’examen et que tu n’arrives pas au bon résultat … !

Comme vous le constatez sur la photo, le bouchon n’est plus sur la bouteille! Le contenu a été vidé hier soir, pour fêter la fin du dernier stage de mon (dernier!) DEC! Cette torture est bel et bien terminée! Bien sûr, pour réussir la session il reste encore à passer l’épreuve de synthèse, mais j’ai quand même pu me réjouir pendant quelques heures d’en avoir au moins fini avec ce qui me paraissait le plus difficile à cette session-ci.
Dans le cadre de sa campagne annuelle de promotion, l’OIIQ présente une publicité intitulée « experts depuis toujours » visant à « mettre en évidence l’évolution du rôle des infirmières dans leur milieu de soins respectif », dixit le site de l’ordre. Or, en visionnant cette publicité, on pourrait tout à fait la prendre pour une pub de shampoing ou de crème hydratante. On voit une fille dont la tenue et la coiffure changent au fil du temps. Je ne vois pas du tout où se trouve la mise en évidence de l’évolution du rôle des infirmières dans ces images, cela me paraît au contraire perpétuer l’idée de l’infirmière cute mais sans grande valeur professionnelle. Il me semble qu’avec toutes les responsabilités et les tâches qui sont aujourd’hui dévolues à l’infirmière, mettre l’accent sur l’évolution des cheveux et de l’uniforme, c’est un peu facile. Je trouve dommage que l’occasion ait été manquée de changer l’imagerie mentale habituelle et erronée du travail infirmier, en démontrant aux gens que les infirmières posent des actes complexes et importants issus d’un processus rigoureux d’évaluation et de réflexion. Malheureusement, ce n’est pas cette fois-ci que cela aura lieu.
Experts depuis toujours from OIIQ on Vimeo.