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Jours 16-19 Delta du Mékong

 

Jour 16 - 27 novembre: Vers Can Tho par Ben Tre

Ce matin, nous prenons la route vers le delta du Mékong. Notre premier arrêt est à Ben Tre où nous montons dans une barque à moteur pour notre première balade sur le Mékong. Nous n'en revenons pas de naviguer sur ce fleuve! Il fait chaud, bien que ce soit nuageux, mais nous sommes à l'ombre et buvons une petite eau de coco fraîchement coupée par notre capitaine.

Le trajet est relax, et après avoir pris un embranchement, nous nous arrêtons à un embarcadère pour visiter des briqueteries. Notre guide nous explique le long processus de fabrication artisanale des briques, à partir de l'argile ramassée sur les berges du Mékong, et nous sommes très intéressés par l'extrudeuse manuelle qui permet de produire toutes sortes de modèles de briques. Les fours dans lesquels cuisent les briques sont eux-mêmes construits avec des milliers de briques arrangées en forme de dôme. Un feu y est attisé jour et nuit, manuellement, par le son du riz décortiqué que les artisans obtenaient autrefois gratuitement mais qu'ils doivent maintenant acheter, évidemment. Le four chauffe les briques pendant un bon mois avant que la cuisson ne soit achevée. Les cendres récupérées sont utilisées comme fertilisant pour les sols.

C'est une visite très intéressante à la fin de laquelle nous remontons dans la barque pour sillonner des canaux jusqu'à un endroit où on fabrique des bonbons à base de noix de coco. Nous voyons toutes les étapes, de l'épluchage de la noix de coco sèche jusqu'à l'emballage manuel des bonbons. Toutes ces tâches artisanales et manuelles nous impressionnent. De retour sur l'eau, nous filons jusqu'à notre prochaine étape où nous observons des femmes tisser de superbes nattes!

Après s'être empiffrés de fruits frais de la région, nous montons sur des vélos pour nous rendre au resto où nous dînerons d'un succulent poisson roulé dans des feuilles de riz avec des ananas et des nouilles, que peut-on demander de mieux!? Repus, nous remontons dans la barque qui nous ramène à Ben Tre, où le chauffeur nous attend près du marché aux fruits.

La route vers Can Tho nous mène à un traversier bondés de locaux en scooter sur lequel nous montons pour effectuer le court trajet au soleil couchant. Nous traversons ensuite le pont à haubans qui relie la province de Vinh Long et Can Tho, achevé en 2010 seulement avec l'Aide Publique au Développement (APD) du gouvernement japonais et notre guide nous explique à quel point la construction de ces ponts sur le Mékong a transformé la vie des gens et des villes qui ont vu leur croissance s'accélérer, notamment en économisant beaucoup de temps et de frais de transport. Nous irons souper dans un restaurant local sur la rue qui longe le fleuve, en essayant de manger et boire suffisamment rapidement pour éviter d'avoir plus de cinq mannes à la fois dans nos assiettes et nos bouteilles de bière!

 

Jour 17 - 28 novembre: de Can Tho vers Chau Doc

Tôt ce matin, après avoir profité de la superbe vue sur la ville et le Mékong depuis le toit de notre hôtel, nous troquons le confort de la chambre pour une barque motorisée qui nous emmène voir le marché flottant de Cai Rang, le marché flottant le plus important du delta du Mékong en matière de fruits et légumes, et d'ailleurs cette région produit plus de 60% de tous les fruits du Vietnam. C'est vers 5h00 que les premiers marchands arrivent, nous ne sommes pas d'aussi bon matin mais il y a encore pas mal de monde vers 7h30, et oui, quelques bateaux de touristes, comme nous, mais de manière générale, on ne peut pas dire que cela gâche l'expérience, les gens font leur affaire. Les denrées de chaque vendeur sont accrochées sur une pôle qui permet de voir de loin ce qui est offert. Des vendeuses itinérantes cuisinent sur leurs barques des nouilles, des pho, du café pour les vendeurs. Ce sont surtout des grossistes, les bateaux sont très chargés mais nous sommes surtout intéressés par les installations qui permettent de vivre sur ces bateaux. Nous voyons les gens accrocher leur lessive, nettoyer le pont, manger du riz, et bien sûr, texter sur leurs portables! Nous passons un bon moment à nous promener entre les embarcations, notre petite barque se faufilant partout, nous mangeons des ananas puis faisons un arrêt pour observer la production artisanale des feuilles de riz qui sèchent au soleil. De retour à Can Tho, nous marchons un peu dans le beau marché où on trouve de tout: poisson, fruits de mer, viandes, fruits et légumes, nouilles, marinades.

Nous reprenons la route pour nous rendre à Chau Doc. Juste avant d'y arriver, nous arrêtons sur le bord de la route pour admirer de superbes rizières prêtes à la récole, nous dit notre guide. Et effectivement, quelques kilomètres plus loin, nous nous arrêtons à nouveau pour observer la récole, partiellement mécanisée dans le sud, contrairement au nord où tout se fait encore à la main. Nous sommes contents car la seule récolte étant terminée dans le nord nous n'avions pas eu la chance de voir ces champs jaunes à perte de vue, quoique les rizières fauchées offrent aussi de belles images, plus mélancoliques. Derrière les rizières, nous apercevons la Nui Sam, la montagne, et le lodge où nous dormirons ce soir. Un peu plus loin, dans les rizières fauchées, des feux brûlent pour fertiliser la terre avec la cendre du riz.

Avant de nous rendre à Nui Sam toutefois, nous faisons un petit détour par la réserve Tra Su. Après quelques minutes à pied, nous arrivons à l'entrée où nous montons dans une barque à moteur pour la première partie de la balade. C'est un peu dommage car nous avançons vraiment très rapidement, avec le bruit du moteur qui fait fuir les oiseaux que nous sommes venus voir! Après quelques minutes, nous arrivons à un deuxième embarcadère où nous montons dans une barque avec une dame qui rame pour nous. Cette portion de la visite est plus plaisante car on a alors le temps de voir s'envoler quelques grues et hérons. Ce sont majoritairement ces oiseaux que l'on retrouve dans le parc, ils sont en grande quantité, on ne les aperçoit pas tous, ils sont sur la canopée, mais on voit leurs nids et on les entend surtout. On se promène lentement parmi les cajeputiers sur un tapis de lentilles d'eau. On aperçoit un martin-pêcheurs, quelques bécasseaux. Arrivés au bout du trajet, nous montons dans la tour d'observation d'où on peut voir le spectacle de dizaines d'aigrettes perchées au loin sur la canopée qui s'ébattent dans le soleil couchant. On voit aussi quelques cormorans. Il y aurait beaucoup à faire dans cette réserve, entre autres des randonnées de kayak qui permettraient de prendre davantage de temps et d'être au plus près de la faune ailée. Néanmoins, c'est une petite balade bien relaxe qui nous a plu.

Nous revenons vers Chau Doc puis prenons la petite route cahoteuse qui monte sur Nui Sam jusqu'au lodge où nous passerons la nuit, d'où nous avons une superbe vue sur les environs. Nous profitons de la piscine en buvant quelques bières tout en nous chamaillant avec la multitude de petites mannes qui nous assaillent.

Jour 18 - 29 novembre: de Chau Doc vers Long Xuyen

Après une (légère) grasse matinée ce matin, et un petit déjeuner avec la vue sur les rizières et la ville de Chau Doc, nous embarquons pour faire le tour du village flottant de Chau Phu. Les pêcheurs vivent sur des maisons flottant sur des rouleaux de pvc ou des barils, ce qui leur permet de suivre les fluctuations de niveau du Mékong. Sous les maisons, un filet descend jusqu'au fond et permet de faire l'élevage de poissons, que l'on nourrit en leur lançant de la moulée préparée maison par une trappe dans le plancher.

Celle que nous visitons est assez grande mais elles ne sont pas toutes de ce format. Sur le balcon se trouve une grande cuve chauffée au son de riz dans laquelle on prépare la moulée. C'est une façon de vivre qui est appelée à disparaître avec l'arrivée de grandes compagnies qui font de l'aquaculture dans les terres, et la diminution de la quantité de poissons dans le Mékong, notamment en raison de la surpêche mais aussi de la pollution. Certaines familles ont des volailles sur une autre plateforme flottante reliée à la maison et aussi des jardins flottants. Nous ne sommes pas certains de quelle manière sont équipée ces maisons, sanitairement parlant!

Nous naviguons jusqu'au village de Phu Hiep, un village cham que nous atteignons par une petite passerelle bancale. Les habitations sur pilotis nous rappellent celle des Thai blancs du nord où nous avons logé au début du voyage. Les enfants nous courent après pour que nous leur donnions de l'argent et nous insultent quand nous refusons. Les femmes tissent et nous achetons une superbe écharpe. En bordure du village, sur la route, les femmes vendent des fruits, des légumes et du riz. Nous marchons jusqu'à une mosquée, toute en céramique blanche. Notre guide nous dit que les chams musulmans vivent en bonnes relations mais ne se mêlent tout de même pas trop avec le reste de la population (la majorité de la population cham au Vietnam n'est pas musulmane mais plutôt brahmaniste).

Nous quittons Chau Doc en direction de Long Xuyen où nous lunchons sur le toît de notre hôtel. En après-midi, nous prenons un traversier local pour nous rendre à l'île Cu Lao Ong Ho où nous nous baladons à vélo. La randonnée est facile et simple, nous faisons carrément le tour de l'île, en une quinzaine de kilomètres faciles. Ce sont les vélos les plus pourris du voyage, mais ça ne change rien au plaisir de la balade!

Jour 19 - 30 novembre: de Long Xuyen vers Saigon

Ce matin, nous partons pour le marché flottant de Long Xuyen, un peu moins gros que celui de Cai Rang, mais pas un seul touriste en vue.

Nous remontons dans la voiture pour entamer le retour sur Saigon. En chemin, nous faisons étape à Sadec où nous marchons dans les beaux jardins d'une pépinière: la ville est reconnue pour sa production de fleurs et de plantes en tous genres. Nous faisons ensuite une curieuse visite de la maison de l'amant de Marguerite Duras, où cette dernière n'a jamais mis les pieds d'ailleurs! Sadec semble une belle petite ville mais nous ne nous attardons pas. Nous sommes stoppés dans notre élan par un embouteillage monstre à un poste de péage: nous observons les gens dans les cafés pendant que nous sommes arrêtés sur l'autoroute ... tout à coup, la circulation reprend: les services de péage ont décidé de laisser passer les gens sans payer pour régler l'embouteillage! Passé le poste, on voit des Vietnamiens en bordure de route qui filment avec leurs portables et applaudissent car la plupart d'entre eux, nous explique notre guide, sont en désaccord avec ces nouveaux péages, instaurés pour rembourser les routes aux compagnies chinoises.

On arrive dans Saigon en fin d'après-midi, on se fraie un chemin jusqu'à notre hôtel superbement situé, près de l'eau, à deux pas de tout! On dit bye à Tiep, notre guide, et on part à la découverte des alentours très animés.