
Je reviens de voyage. Je reviens de trois semaines passées au Népal, l’un des pays les plus pauvres au monde. Je dis « je reviens » mais je n’en suis pas encore tout à fait revenue, à vrai dire.
Nous avons fait un voyage superbe, dépaysant et confrontant. J’ai un peu de difficulté à replonger dans l’actualité locale depuis mon retour. Je n’arrête pas de comparer nos « problèmes » avec ceux auquels font face les Népalais: misère, pauvreté, corruption, mousson, et j’en passe …..
C’est toujours difficile de revenir de voyage. Le retour physique, le retour au boulot comme tel, n’est pas facile; mais le plus difficile est certainement la gestion des nouvelles connaissances acquises, si je puis m’exprimer ainsi. Je suis le genre de personne qui ne parvient pas à faire abstraction de ce qu’elle sait; ainsi, je ne peux pas oublier ce que j’ai vu, la pauvreté, la misère, la différence dans la façon de vivre, le gouffre énorme qui sépare notre mode de vie de celui des Népalais …. je me rends compte que nos conditions de vie au Québec non seulement sont privilégiées mais en plus sont exceptionnelles, c’est à dire qu’elles ne sont pas répandues. Je le savais, mais disons que le constater « live » c’est assez différent. La plupart des gens à travers le monde vivent dans de moins « bonnes » conditions que nous, que ce soit au niveau du confort, de l’hygiène, de l’accès à des services, de la paix, de l’environnement ….. la vie est extrêmement dure pour une majorité d’êtres humains sur la planète et c’est une situation qui me semble intolérable. Mais nous la tolérons tout de même, bien entendu.
Disons que la lecture des nouvelles des derniers jours n’a rien pour me réconforter … Quand je lis une énormité comme celle-ci:
« L’ex-PDG d’Hydro-Québec, André Caillé, se souviendra toute sa vie du 9 janvier 1998. Depuis cinq jours, une incessante pluie verglaçante causait des ravages et paralysait la vie de milliers de Québécois. La crise avait atteint un point critique. Le fameux après-midi, dans son bureau du boulevard René-Lévesque, André Caillé s’est mis à prier. «J’ai regardé le ciel et je lui ai dit, à Lui, en haut : Arrête ça, on n’en peut plus. On est au bout de nos moyens», confie-t-il 10 ans plus tard. Moins d’une heure après cette prière désespérée, la pluie cessait enfin de tomber. »
et que je vois la couverture complètement ridicule accordée à l’anniversaire du verglas, je ne nous trouve plus seulement cutes de se chercher des façons de se rendre importants … je nous trouve dangereux d’ignorance et d’égocentrisme.
janvier 7th, 2008 | Category: social étendu, sport et plein air | Comments (2)