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Je n’aime pas les palmares, les concours, les compétitions et les remises de prix et de trophées. Particulièrement dans le domaine musical. Pour toutes sortes de bonnes et de moins bonnes raisons, mais surtout parce que la somme de création qui ne se rend jamais jusqu’à nous est colossale et conséquemment tous ces classements ne récompensent au final que les artistes déjà connus, ne font rien découvrir et se résument en un concours de popularité médiocre. Bon.


Néanmoins, sans doute par désoeuvrement, j’ai lu dans la Presse la liste des 10 meilleurs (qu’entend-on par “meilleur”, c’est pas précisé…) disques québécois de l’histoire (l’histoire de qui, c’est pas précisé….). Je l’avoue, c’est d’avoir vu le nom d’Olivier Langevin parmi les “personnalités” questionnées qui a titillé mon voyeurisme et j’ai donc cliqué sur quelques faces connues et moins connues pour examiner leur liste … je me suis dit: que voilà une belle occasion de faire des découvertes musicales, quand je vais lire qu’un tel ou une telle trippe sur un disque dont je n’ai jamais entendu parler ……

HIIIIIIII j’étais tellllllllement dans l’erreur!!! Presque tout le monde a énuméré les mêmes albums sur lesquels règne un genre de consensus comme nous les aimons tant au Québec. Je me demande même si le fait que leur face soit dans le journal avec leur liste n’a pas incité certaines personnes à nommer des disques qui n’auraient peut-être pas été dans leurs choix si la liste avait été anonyme …..

Possiblement que la formulation de la question “disque québécois de l’histoire” a incité les intervenants à choisir des productions ayant eu un impact sur la culture québécoise. Je reconnais cette réflexion dans plusieurs des choix qui se retrouvent sur la plupart des listes. Au bout du compte, je n’ai rien découvert du tout.

Ah non, tiens, c’est faux. J’ai découvert quelque chose de très platte. En parcourant les listes, je n’ai pas été très étonnée que Louise Forestier, Jean Robert Bisaillon (french B) et Yves Lambert aient choisi un de leurs disques parmi les 10 meilleurs de l’histoire (!). Franz Schuller de Grimskunk, qui choisit un disque de Grimskunk dans sa liste …….bon ….. heu …… peut-être qu’il avait mal compris la question.

Mais Martin Léon. Martin Léon a choisi Kiki BBQ comme l’un des 10 meilleurs disques québécois de l’histoire. C’est un excellent album. Vraiment. Un des meilleurs de l’histoire? mmm … Je l’ai écouté en boucle pendant longtemps, je l’écoutais encore souvent jusqu’à tout récemment. Jusqu’à ce que je lise sa liste en fait.

Je me doutais bien qu’il ne se prenait pas pour de la crotte, mais bon, c’était un préjugé, je n’en avais pas la certitude. Maintenant je l’ai, et cette arrogance confirmée et affirmée m’a gâché à tout jamais le plaisir de l’écoute.

Je travaille pour une grosse entreprise, dans un gros édifice du centre-ville de Montréal. Je ne travaille pas chez Jo-Patate.

En ce jeudi matin, nous ne pouvons plus aller aux toilettes depuis quelques heures déjà, car il n’y a plus de papier. En effet, restrictions obligent (car mon employeur n’a enregistré QU’un bénéfice net de 2,39 milliards de dollars au quatrième trimestre de 2007), les toilettes ne sont nettoyées et les poubelles vidées que 3 fois par semaine désormais. Il manque donc systématiquement de papier de toilettes sur mon étage.

Que faisons-nous quand il manque de papier dans les toilettes au 3e étage d’un édifice du centre-ville de Montréal? Nous appelons la compagnie responsable de l’entretien des bâtiments. Ce faisant, nous rejoignons leur centre d’appel situé à Moncton, Nouveau-Brunswick. Un préposé ouvre un billet, et envoie un courriel à la compagnie sous-traitante qui s’occupe du ménage dans notre édifice. Cette compagnie, sur réception du courriel, dépêche quelqu’un pour venir mettre du papier dans notre toilette. Si toutefois, comme c’est le cas ce matin, après plusieurs appels le papier n’est toujours pas apparu, le préposé de Moncton ne fais ni une, ni deux, il appelle carrément son sous-traitant directement afin que le processus soit accéléré.

Je viens de demander à un préposé de centre d’appel localisé à Moncton de venir mettre du papier de toilette au 3e étage d’un édifice du centre-ville de Montréal.

Je surveille par la fenêtre …. dès que je vois le gars de UPS arriver avec son colis, je vous fais signe …. en attendant, quelqu’un a suggéré que nous utilisions les documents que nous avons déchiquetés ce matin en guise d’essuie-fesses …….peut-être qu’une page du dernier rapport annuel de mon employeur ferait tout autant l’affaire en plus de procurer de l’agrément …….

C’EST LUI!!!! C’est mon fermier de famille, François Tanguay, qui se retrouve sur le site d’Équiterre pour annoncer le retour du temps des inscriptions pour les gens qui veulent participer au programme de l’ASC, l’agriculture biologique soutenue par la communauté.

Je participe à ce programme depuis plusieurs années déjà, toujours fidèle aux Jardins du petit tremble, mais il y a une multitude de fermes parmi lesquelles vous pouvez faire votre choix.

L’idée est fort simple et lumineuse. Vous devenez partenaire de la ferme choisie en achetant une part de récolte à l’avance, puis pendant toute la saison vous récupérez un superbe panier de légumes frais et biologiques livrés à un point de chute près de chez vous. C’est une belle opportunité de manger non seulement bio, mais surtout LOCAL, la meilleure option pour réduire son empreinte écologique.

Je vous copie ici la description du programme publiée sur le site d’équiterre, mais je vous suggère de visiter leur site qui recèle par ailleurs une foule d’informations sur toutes sortes de sujets.
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Aujourd’hui je lis au sujet d’un nouveau guide Ulysse, Journal de Voyage Asie. Que signifie ce titre mal formulé? Il s’agit d’un guide combiné à un carnet de voyage dans lequel on peut utiliser les informations sur tous les pays asiatiques mais aussi noter ses impressions, son itinéraire, etc.

Depuis que je parcours l’internet, je n’ai pas acheté un seul guide de voyage. Je cherche les infos dans les forums et sur les sites, carnets de voyage et blogs des voyageurs qui partagent avec enthousiasme leurs expériences. Ces sites personnels sont des mines d’informations et d’impressions et recellent souvent de superbes photos qui donnent encore plus le goût de se rendre à destination.

Et cela me fait penser à ce blog auquel je suis abonnée: sabbatique asiatique. Deux hommes sont partis en voyage pendant une année en Asie et ils tiennent de là-bas, presqu’en direct, un carnet de voyage illustré de photos renversantes. Venez me dire, après avoir lu ces carnets et visionné ces photos, que vous ne crevez pas d’envie de tout sacrer là pour partir indéfiniement, aller voir ailleurs d’où le vent vient, prendre contact avec le monde, et toujours aller vers l’avant, n’être plus jamais immobile, toujours en mouvement, vers les autres et plus près de soi.


“j’ai ben beau battre des ailes, j’lève pas d’un poil”, chante-t-il sur Réguine. Si lui-même ne parvient pas à voler, le premier disque de Placard, Rang de l’église, m’a quasiment fait léviter et la sensation était encore plus forte en spectacle, quand j’ai découvert un être intense et intransigeant, nerveux et sensible, qui présente une oeuvre intelligente et touchante.

Sa grande indépendance que j’admire tant transforme la parution d’un deuxième disque en un cadeau inattendu, car on ne peut pas prendre Placard pour acquis, on suspecte bien qu’il n’en fait qu’à sa tête et n’est certainement pas à la solde de la logique marchande qui règle trop souvent la création artistique.

Placard lancera donc, le 25 mars au Divan orange, son deuxième disque solo, pendant qu’on attendra encore le nouveau de Plywood 3/4. J’espère de tout mon coeur qu’il nous fera le bonheur de quelques spectacles que je vous recommande très très chaudement, si les musiciens créatifs, authentiques et indépendants vous intéressent.

des jeux …

Dans la presse de vendredi dernier, Yves Boisvert se réjouit de l’euphorie de groupe qu’arrive à déclencher un événement comme la remontée puis la victoire du Canadien dans un match épique où il tirait de l’arrière 5-0 avant de “triompher” 6-5…..

Le sentiment d’appartenance, de cohésion qui nous habite comme si nous partagions soudain quelque chose avec ces dizaines de milliers de personnes que nous ne connaissons pas et avec qui nous n’avons peut-être rien d’autre en commun que cet intérêt pour le sport professionnel …. c’est un sentiment qui ne m’habite plus désormais, mais je l’ai déjà ressenti, je sais de quoi il s’agit. Je l’ai ressenti souvent avec le hockey, mais aussi lorsque Jacques Villeneuve a gagné les 500 miles d’Indianapolis et plus encore quand il a résisté à l’assaut de Schumacher sur le circuit de Jerez pour se sauver avec le titre de champion du monde. Probablement que ce qu’on appelle le “sport” professionnel est l’élément rassembleur le plus puissant actuellement sur la planète. Des centaines de milliers de personnes payent une fortune pour être assis ensemble au même moment et regarder le même match de football ou de soccer.

Toutefois, en ce qui me concerne, c’est plutôt la musique qui me donne encore cette émotion. Je l’ai ressentie souvent, et je la ressens encore, par exemple à un show de Galaxie 500, quand nous sommes des milliers à vibrer aux mêmes notes aux mêmes moment. Cet invraisemblable partage avec des étrangers m’est apparu encore plus clairement quand je suis allée voir un show des Rolling Stones, il y a quelques années: cette foule immense, dont je faisais partie, tout à coup brillante sous une lumière blanche pendant you can’t always get what you want, tous ces gens qui chantaient ensemble les mêmes paroles qu’ils connaissaient tous par coeur, une vague d’émotion m’a complètement bouleversée, j’en ai eu les larmes aux yeux.

J’ai très souvent repensé à cette émotion. Car même si elle fait du bien et qu’elle donne le frisson, je me demande s’il n’est pas un peu épeurant qu’une bande de jeunes adultes drogués et millionnaires suscitent un tel ralliement. N’est-il pas un peu gênant qu’un événement comme une match de football réussisse à attirer des centaines de milliers de personnes, qui par surcroît doivent payer le gros prix pour y assister?

Un jour en entrevue j’ai entendu Richard Séguin dire qu’il trouve toujours émouvant de voir une foule devant lui en spectacle, et qu’il se dit qu’il est quand même bien dommage qu’on ne parvienne pas à rassembler les gens en nombre et en enthousiasme égal pour des choses vraiment importante, car ce serait incroyable le pouvoir de cette cohésion et de cet esprit de partage qui parcourt une foule immense et transcende toutes les différences et toutes les dissensions pour un moment. Et voilà. C’est exactement ce qui est troublant.

C’est le même trouble que je ressens quand, au bureau, tout le monde suit live les échanges qui auront lieu ou pas dans la LNH ….. j’ai rarement vu mes collègues aussi passionnés. Ils ne démontraient même pas le centième d’enthousiasme, d’intérêt ou même de curiosité pour les négociations de leur propre convention collective, encore moins quand leurs collègues se faisaient mettre dehors et que nous étions 5 à manifester sur le trottoir. Mais pour discuter du prochain héros en jambières, ils sont informés, ils ont des opinions et ils en parlent fort.

Du pain et des jeux. À la seule différence qu’il faut payer maintenant pour les obtenir. C’est quand même fort. Payer pour son propre asservissement.

 

Nous avions pris 2 jours de congé. Lundi et mardi. Mes journées de congé préférées car j’ai l’impression d’être en congé deux fois: pendant et après, quand il ne me reste que trois jours de travail avant la prochaine fin de semaine. Il fut un temps où nous profitions de ces congés hivernaux pour faire du ski alpin, surtout à Ste-Anne, montagne que j’adore car on ne s’y ennuie jamais. Mais j’ai de plus en plus de difficulté à associer le ski alpin à mes valeurs et à mon mode de vie ….. Le bruit, la publicité, le cliquant, les millers d’arbres coupés, l’eau pompée pour fabriquer de la neige, le culte du toujours-grand-toujours-plus-gros, les prix prohibitifs qui sont demandés à la billetterie comme à la cafétéria, l’odeur permanente de poutine, et l’impression de n’avoir été actif qu’un tier de la journée, à descendre en plus, tandis que le reste du temps a été passé assis dans la chaise remonte-pente à geler ….. tout cela avait commencé à éroder mon intérêt pour le ski alpin il y a déjà plusieurs années. Et la raquette a définitivement tué ce qui me restait de plaisir à skier!

Marcher en forêt, sur des sentiers, souvent balisés et travaillés, j’en conviens mais sans comparaison avec l’ampleur de la destruction effectuée pour le ski alpin, dans le calme et la tranquillité, à basse vitesse, fournir un effort constant, monter, 
arriver au sommet, admirer la vue,

descendre en glissant, tomber en riant, marcher rapidement pour sentir son coeur battre, avoir chaud, si chaud même à -20, sentir ses muscles travailler, observer les oiseaux, les traces de lièvres et de chevreuils, traverser un lac gelé et enneigé

admirer le fleuve du haut d’un belvedère, boire un thé en regardant les mésanges… 

ce sont quelques unes des joies de la rando à raquette!

Je n’ai jamais été nationaliste. Je considère le nationalisme comme dangereux et je ne vois pas en quoi il faudrait être fier de l’endroit où l’on est né, puisqu’on n’y est pour rien, que cet endroit soit merveilleux ou pourri. Et cette perception que nous avons de l’endroit d’où l’on vient, où l’on est né, de notre nation d’origine, n’est certainement pas la plus juste que l’on puisse avoir, puisqu’on y vit : comment avoir une idée raisonnable et raisonnée d’un objet dont on est si proche?

Le fait que je n’aie pas de drapeau du Québec cousu sur mon sac à dos n’empêche pas le sentiment d’injustice que je ressens lorsque je ne suis plus en mesure de communiquer en français avec mon employeur; lorsque l’entreprise pour laquelle je travaille, un des plus gros employeurs au Québec et au Canada, me fournit systématiquement des logiciels en anglais, même lorsqu’ils sont disponibles en français (ce qui est presque toujours le cas), m’obligeant à chaque fois à me battre pour faire respecter la loi; lorsque les formations que je reçois sont unilingues anglais, car le formateur vient de la Floride et la compagnie pour laquelle il travaille n’a jamais été avisée que TOUS les employés qu’il va former sont des francophones travaillant au Québec; lorsque les réunions se déroulent en anglais car sur une centaine d’employés, 2 sont unilingues anglais et travaillent à Toronto, alors que tous les autres sont francophones, travaillant à Montréal et bien sûr, parfaitement bilingues car nous les Québécois sommes toujours tellement d’adon; lorsque mon 3e patron en hirarchie vient nous visiter dans nos bureaux de Montréal et nous serre la main en nous parlant en anglais car il ne comprend ni oui ni non en français mais ça ne l’a pas du tout empêché d’obtenir cet emploi où la grande majorité de ses employés sont francophones et travaillent au Québec.

Les clients aussi sont sans doute humiliés quand ils appellent le service à la clientèle de l’entreprise pour laquelle je travaille et que la personne qui leur répond baraguine un français tellement approximatif qu’il vaut mieux compléter la transaction en anglais si on veut être certain d’avoir été compris.

Je me sens humiliée de n’être pas respectée par mon employeur mais cela ne m’étonne pas de l’entreprise pour laquelle je travaille. Toutefois, je me sens encore plus attristée de constater que la situation du français au travail a régressé depuis une vingtaine d’années et ce, extrêmement rapidement. J’ai des amis qui travaillent pour de grosses compagnies ici, à Montréal, et qui reçoivent des courriels de la direction uniquement en anglais. Ici, où je travaille, quand un grief est fait pour un logiciel en anglais pour lequel une version française existe, la compagnie retarde le processus au maximum, on parle de mois et d’années, attendant la plainte officielle à l’Office de la langue française avant d’agir, et si aucune plainte officielle n’est portée, la compagnie envoie tout simplement paître les employés, bien sûr. Une plainte à l’Office de la langue française est une véritable mascarade, et les employeurs le savent.

Aucune loi n’oblige les employeurs à respecter leurs employés. Et dans un sens, c’est tant mieux. Cela donne l’heure juste sur la valeur d’un employeur et le respect que ses employés devraient lui accorder en retour ….. dans mon cas, on est sous la barre du zéro.

Aujourd’hui sur cyberpresse:

“Quoi qu’en pensent certains, une des plus belles (et utiles) vertus de la femme, à mon avis, c’est d’être capable de faire semblant, de simuler. Parlez-en à Anik Jean qui, grâce à ses dons pour la feinte et la parade - bref, des dons d’actrice -, a réussi à concocter son deuxième album (…)”. 

Une chance qu’elle prend la peine de préciser “à mon avis”: nous voilà au moins rassurés sur le fait que cette stupidité vient d’elle directement, ce qui ne nous surprend guère au final.

Ça devient décidément de plus en plus compliqué de lire la presse sans que le sang ne nous fasse un tour …..

Hier sur cyberpresse:

Je ne suis pas convaincue que c’est vraiment sur son album qu’elle mise….

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