Obama, vague de mélancolie
Il arrive que mon entourage m’accuse de cynisme. Je ne suis pas d’accord, mais cela sème parfois un doute en moi. Toutefois, lorsqu’un événement politique important est en cours, je me rends compte que je ne suis pas désabusée, simplement en manque de réels enjeux. Je ne dirais pas que la campagne électorale américaine m’a enthousiasmée, mais je l’ai suivie de plus près que la campagne fédérale dont nous sortons car le sort du monde m’intéresse encore, semble-t-il, et il est malheureusement étroitement lié à celui des Américains.Les États-Unis demeurent un pays fascinant malgré tout où tout peut se produire, capable du meilleur et du pire, où tout est toujours possible.
Bien sûr, je ne me fais aucune illusion sur les possibilités pour Obama de redresser la barre après des années de mauvaise gouverne. Je sais aussi que la bonne volonté n’est pas suffisante, qu’il y a tout un entourage à la maison blanche, des lobbys et des corporations à satisfaire, des promesses qui ont sans doute été faites pour gagner des votes et des amis qui devront être payés. Par ailleurs, Obama est quand même en faveur de la peine de mort, ce qui personnellement me fait quand même un peu tiquer. Que ferais-je si j’étais Américaine, voterais-je quand même pour lui?
Il reste qu’il ne m’a pas fallu un grand effort pour me laisser porter par les discours d’Obama: si c’était vrai? S’il était bien l’homme qu’il prétend être, s’il était honnête, probre et sincère? S’il cherchait vraiment le bien commun? Et cela a suscité une grande mélancolie chez moi: pourquoi n’y a-t-il plus personne ici, dans le paysage politique, capable de nous porter, de nous inspirer, de nous donner envie de se lever? Pourquoi ne sommes nous plus gouvernés que par des comptables, des économistes et des avocats sans idées, sans projet et sans envergure?
