Alain Gravel et Geneviève Jeanson ….. pfffftttt…..
Quand Alain Gravel est allé relancer Geneviève Jeanson chez elle, en Arizona, pour je ne sais quel faux prétexte journalistique, j’avais écrit un billet où j’émettais quelques réserves quant à l’intérêt public de toute cette affaire. Si c’est du fait divers et du jaunisme, ok, pas de problème, mais n’allons surtout pas faire passer ce sensationnalisme de bas étage pour de l’information, s’il vous plaît! Comme si nous apprenions quelque chose de nouveau, comme si le monde entier ne savait pas que Geneviève Jeanson se dopait, qu’elle cherchait la reconnaissance à tout prix des hommes de son entourage et que son entraîneur était un fou furieux qu’aucune autre jeune fille saine n’aurait toléré plus de 10 minutes à 10 pieds d’elle.
Ce que je trouvais le plus triste, comme dans la plupart des cas de dopage, c’est que quelqu’un puisse penser qu’il n’est rien sans la victoire, que le sport c’est nécessairement la compétition et que seul compte les résultats. Je me disais que c’est bien une pitié de vendre son corps et son âme, pratiquement au vu de tous, pour de fausses victoires, tellement futiles, et de l’argent, mais même pas tant d’argent que ça.
J’ai aujourd’hui une autre preuve que les sportifs ne sont pas les seuls à rechercher la reconnaissance et l’argent facile: Alain Gravel récidive avec un livre, L’affaires Jeanson: l’engrenage. Déjà, l’affaire Jeanson, l’affaire comme quelque chose qui nous concernerait tous, qui serait d’actualité, qui serait de nos affaires. Ce ne l’est pas du tout. Une enfant qui croit qu’elle doit absolument plaire à un père qui n’est jamais satisfait, une adolescente prête à tout pour obtenir cette reconnaissance, de son père et des autres hommes semblables à lui dans son entourage, une jeune femme convaincue que sa valeur et son existence même doivent être validées par ces hommes qui savent tout alors qu’elle ne sait rien; une femme qui n’a probablement pas trop compris, même encore aujourd’hui, ce qui s’est passé, pourquoi tous se sont détournés d’elle alors qu’elle a fait tout ce qu’ils lui avaient demandé, y compris gagner à tout prix: tout cela est malheureusement du domaine privé et d’une désolante banalité. Un entraîneur qui abuse de son pouvoir, un père qui n’en est pas un, une vie brisée par la cupidité et la stupidité, rien de plus ordinaire, surtout dans le monde du sport. On ne viendra quand même pas me dire que des gens pensent qu’il existe encore des sportifs de haut niveau « propres à mort » ….
Je ne vois pas ce qui peut ressortir de la lecture d’un tel livre, écrit pour aucune autre raison que de vendre des copies, à part une tristesse infinie en constatant que, visiblement, Geneviève Jeanson n’a pas fini de faire abuser d’elle, même après qu’Aubut se soit poussé.
Dans toute cette affaire, nous ne saurons jamais si Geneviève Jeanson était une bonne cycliste et le pire, c’est qu’elle non plus ne le saura pas. Au bout du compte, tout cela a peu à voir avec le vélo, même rien à voir du tout.
Et ne me parlez pas de cette autre là, qui cancane partout le nombre de victoires qu’elle aurait eues si Jeanson n’avait pas été là ….. la classe et l’amour du sport ne font définitivement plus partie de la vie des athlètes de notre temps.


