Michael Sabia me fait des promesses ……
17th avr, 2007 par stephanie.beaucaire

“Vous avez ma promesse de faire le nécessaire pour vous tenir informés au fur et à mesure des événements”, me dit-il ce matin dans un courriel. En effet, voilà que Michael admet que des discussions sont effectivement en cours avec un groupe d’importants fonds de retraite canadiens, comprenant: “l’Office d’investissement du régime de pensions du Canada (OIRPC), la Caisse de dépôt et placement du Québec et l’Office d’investissement des régimes de pensions du secteur public (Investissements PSP). Kohlberg Kravis Roberts and Co. (KKR), une société d’investissement privé, se joindra également au groupe à titre de partenaire minoritaire. ”
Bien sûr, le 29 mars, lorsque la nouvelle est sortie dans le globe and mail, je recevais un courriel qui démentait vigoureusement l’affaire:
“Je tiens à vous dire moi-même qu’il n’y a aucune discussion actuellement avec quelque société d’investissement que ce soit et que nous en avons informé les marchés boursiers”, disait-il.
Le lendemain matin, peut-être un peu excédé que nous mettions en doute sa parole:
“ Je n’ai pas été surpris par l’ampleur de la couverture médiatique de ce matin, qui rapportait toutes sortes de conjectures sur le futur.(…) (…) nous pouvons faire les deux choses suivantes. Premièrement, nous concentrer sur nos activités, sur les besoins de nos clients, et sur l’exécution solide de notre plan. C’est la meilleure voie pour l’avenir.
Deuxièmement, faire tout ce qui est possible à l’intérieur de la compagnie pour garder tout le monde informé des développements. Et c’est ce que nous ferons.Alors concentrons nos efforts sur nos clients. Et répondons à leurs besoins.”
Autrement dit: vous les employés, ne vous mêlez pas de ces questions trop compliquées pour vous, contentez-vous donc de faire votre job sans réfléchir et on vous avisera quand vous serez dans la rue.
Michael, comme il signe lui même familièrement ses courriels, pensent-ils vraiment que les employés n’entretiennent aucun doutes quant à ses objectifs??! Il n’y a pas un seul employé de Bell qui croie que Michael se soucie du bien des clients! Tout le monde sait que le seul but des entreprise aujourd’hui est de faire faire de l’argent aux actionnaires, il n’est plus question depuis longtemps de faire fonctionner l’entreprise, offrir des services, produire des biens ou fournir de l’emploi.
Michael empoche déjà 1.5 année de service pour chaque année travaillée comptabilisable pour son fonds de pension qu’il encaissera impunément en dépit des millions qu’il aura faits pendant qu’il était en poste. Son seul souci actuellement est de trouver une façon de faire la meilleure passe avant son départ imminent. Et la passe, ce n’est pas à ses employés qu’il la fera, ni à ses clients. Le 6 juin prochain, il fera la passe à ses actionnaires, juste avant de se biner avec son magot, laissant derrière lui une entreprise centenaire se faire démanteler.

D’accord avec vous: J’ai perdu mon emploi à Bell au mois de juillet dernier après 32 années de ma vie dédiée à Bell, dont plus de 20 ans comme cadre, et à 2 ans de ma retraite qui sera amputée. Me retrouver un emploi dans mon domaine est actuellement une tâche difficile, vu mon âge, vu le contexte économique actuel, et la plupart des employeurs demandant un certification, ce que je n’ai obtenu que partiellement, car mon département n’avait jamais le budget pour terminer ma formation. Merci à vous la haute direction pour nous avoir écouté lors de vos sondages annuels “forcés” et soit-disant confidentiels… Merci M. Sabia pour avoir empoché tous ces millions à votre départ et d’avoir initié tout ce processus de démantèlement. Merci à vous la haute direction de m’avoir enlevé ma fierté de travailler pour Bell, de me soustraire à chaque fois que mon entourage me pose une question car maintenant, j’ai honte de ma compagnie, de ses services, et en particulier du service à la clientèle. Merci M. George Cope pour m’avoir fait la promesse qu’aucun emploi n’était en jeu suite à “votre transaction de privatisation” qui tourne aujourd’hui en queue de poisson, pour m’avoir congédié à deux ans de ma retraite, pour m’avoir enlevé mes avantages sociaux à la retraite, pour avoir fait baisser le peu d’actions que je possède de 35% en une seule journée, d’être capable de répondre aussi mal à des questions essentielles à votre ligne “spéciale des employés congédiés”, de m’avoir enlever ma dignité de travailleur et de chef de famille qui ramenait le gagne pain depuis 32 ans. Vos collègues chargé du congédiement m’ont supplié de ne pas me sentir frustré en me faisant même signer un papier pour m’empêcher de me plaindre à ce sujet. Combien idiot ais-je pu être d’avoir “fait confiance à la haute direction”. Si vous avez une recette qui décrit le processus afin de ne pas se sentir frustré après tout cela, SVP, je serai volontaire pour l’essayer. Et je vous souhaite tellement bonne chance dans le futur, et surtout d’avoir à passer par le même chemin que beaucoup, beaucoup d’entre nous vivent aujourd’hui.