…
Aujourd’hui sur cyberpresse un article intitulé agoniser sans intimité.
La mort me préoccupe et m’intéresse depuis toujours. La mort en général et tout ce qui l’entoure (tradition, croyance, mythe, technique) suscite ma curiosité. La mort éventuelle de mes proches m’angoisse. La mienne non. Mais je m’inquiète du chemin qui m’y mènera. Je me demande souvent de quelle façon je mourrai, je bâtis des scénarios aussi traumatisants qu’inutiles car bien sûr, à moins de se suicider dans la minute qui suit, nul ne peut être assuré de ce que sera sa fin. Et d’ailleurs, je me suis rendue compte avec le temps que le fait de n’en rien savoir et de n’en rien contrôler est certainement un des aspects de la mort pour moi le plus angoissant. À la limite, je crois même que je serais moins inquiétée sachant exactement quand et comment je vais mourir; comme si quelques secondes avant l’impact, j’allais me dire, soulagée: enfin! voilà donc comment tout cela va finir ….
Dernièrement, la soeur de ma mère est décédée. Malade depuis plusieurs années, elle est entrée à l’hopital par hasard, pourrait-on dire, et n’en n’est plus ressortie. On avait diagnostiqué un cancer du pancreas et du foie, les médecins lui « donnaient » deux mois à vivre. Après quelques jours à l’urgence, elle a été promue aux soins palliatifs où on ne retrouve qu’une douzaine de lits. Tout s’est passé quand même assez rapidement (dépendant du point de vue …. ) et elle est décédée après trois semaines seulement dans cette unité.
Ma mère y est allée presque tous les jours. Elle a rencontré les infirmières, les médecins, tout le monde était très gentil et compatissant et tout est fait pour rendre le plus supportable possible les derniers jours (on lui donne même des antidépresseurs pour ne pas qu’il déprime trop…).
Toute cette période m’a fait prendre conscience de plusieurs choses qui pourraient faire l’objet d’une multitudes de billets …
L’une d’entre elles est la façon dont nous mourons dans les hôpitaux. Ma tante était alitée dans une chambre minuscule, où se trouvaient 2 lits, au pied desquels il y avait à peine de la place pour laisser passer une personne tandis qu’un rideau les séparait dans l’autre sens. Au bout de la chambre, une salle de bain que se partagent les deux patients. Celui qui dort près de la porte doit donc passer devant l’autre pour aller à la salle de bain. Et ne pas s’y attarder, car il n’est pas seul. Et ne pas s’en faire avec le fait que tous les inconnus dans la chambre entendent tout ce qu’il y « fait ».
Bien sûr, la « décoration » est plus soignée qu’ailleurs dans l’hôpital et plus chaleureuse, dans la mesure du possible. Mais il reste que pendant son séjour, ma tante a changé de colocataire plusieurs fois, car les patients des soins palliatifs n’y sont jamais pour longtemps … La famille, les amis, s’entassent autour et sur le lit, pas question d’être plus de 2 personnes à la fois dans la chambre de toute façon, l’espace ne le permet pas.
Je sais que je vais mourir, et je sais qu’il y a une forte probabilité que je sois auparavant malade pendant quelques temps, puisque c’est de cette façon que la plupart des gens meurent. Et franchement, j’aimerais mieux ne pas mourir en partageant ma chambre et ma salle de bain. Comment se fait-il que même lorsqu’il n’y a plus de traitement possible, et qu’on attende tout simplement la mort, on doive le faire à l’hôpital? Ne pourrait-on pas attendre la mort chez soi, parmi ses souvenirs, ses choses, dans son intimité et dans ses draps? Est-ce que cela ne serait pas moins traumatisant, plus naturel?
Encore plus que d’accoucher à l’hôpital, être mourant à l’hôpital est vraiment un phénomène étrange et dérangeant, qui ne contribue certainement pas à l’apaisement de l’âme dans les derniers jours et les dernières heures.


novembre 26th, 2007 at 20:22
salut, … la mort….racontes-moi ce que tu penses de la mort subite d’un être cher??? depuis des jours déjà je cherches et cherches entre chaque crise de nerfs, des mots « magiques », des idées « magiques’ que je sais bien n’existent pas pour tenter de soulager ma profonde douleur. je m’accroche à tout, je m’accroche à toi par le lien de ton blogue et pour un instant, en te lisant, j’ai un peu , juste un peu, oublié mon désespoir. il est 22h16 …. je ne veux pas aller dormir et donc rêver…. je te lis, tu m’impressionne. coudon, je te confirmes ici que pour un instant, à lire ton blogue.. j’aurai réussie à oublier cet immense trou béant que j’ai présentement dans le coeur. tu expliques dans cet article la pénible réalité des soins palliatifs, exactement comme c’est… triste à en mourir… vraiment.. merci .. c’est tout ..