noël, l’apothéose de notre insignifiance …..
Je ne comprends rien à la folie qui agite tout un chacun à l’approche de noël et du temps des fêtes.
Travaillant au centre-ville, j’ai eu le loisir d’observer la course effrenée à laquelle se sont livrée la plupart de mes collègues, magasinant tous les midis, en panique devant l’échéance qui se rapproche et « le » cadeau qui manque encore. J’ai vu les portes des grands magasins cracher des foules en sueur sur les trottoirs bondés où une musak indigeste nous assourdit tous que nous le voulions ou non; j’ai entendu les discussions sans fin au sujet des menus des fêtes, des horaires chargés qui enlève même le goût d’être en congé, quand il faut traîner les enfants de party en réveillon, bruncher chez l’un, dormir chez l’autre …. J’ai senti la panique s’emparer de ceux qui n’ont pas la moindre idée de quoi acheter pour le maudit échange de cadeau à 5$ où ils ont pigé un cousin dont ils ne se souviennent même pas de la face mais qui a écrit « dvd » sur sa liste de 3 choix et c’est la cohue chez futureshop où ils vont passer toute leur heure de dîner en ligne à la caisse …… J’ai discuté avec des gens qui m’expliquent qu’ils sont fatigués, à boutte de courir partout, stressés de recevoir toute la famille, angoissés par les comptes qui vont arriver après le temps des fêtes, qu’ils ont pas le goût de monter un sapin et d’accrocher les lumières dehors, mais qu’est-ce que tu veux, la pression familiale, les enfants, les party de bureau …..
Je suis étonnée qu’autant de gens se soumettent encore au diktat du temps de fêtes. Parce que mon père me l’a répété souvent, je sais depuis longtemps que noël n’est que la fête des marchands. Je ne vois pas la raison pour laquelle je serais OBLIGÉE de faire des cadeaux et des partys chaque année à date fixe. Je me suis quand même longtemps pliée à ces « obligations », en dépit du fait que c’était contraire à mes convictions. Finalement, avec ma famille, nous avons mis un terme l’an dernier à cette mascarade à laquelle nous n’arrivions à trouver aucun sens. Nous ne nous faisons plus de cadeaux à Noël.
Nous nous aimons pourtant, soupons souvent ensemble et nous faisons même des cadeaux à l’occasion. Quand ça nous tente. Quand l’idée nous vient, quand nous voulons nous faire plaisir, quand nous en avons envie, quand nous en avons les moyens. Nous sommes désormais en marge de la frénésie du temps des fêtes et c’est avec incrédulité que j’observe maintenant mes semblables devenir complètements fous l’espace de quelques semaines, s’endetter pour des mois, courir sans relâche, faire des kilomètres en voiture, décorer leur façade avec mauvais goût, manger comme des porcs, boire comme des trous, gaspiller temps, argent, électricité, papier, nourriture et essence.
Pour l’année qui vient, je vous adresse mes voeux les plus sincères de libération. Je vous souhaite de vous libérer des fausses obligations véhiculées par les marchands et relayées par les médias et de vous réapproprier votre temps et vos proches en passant avec eux des moments privilégiés pendant ces trop rares journées de congés. Je vous souhaite la paix, la sérénité et l’harmonie qui viennent avec le calme et la simplicité.
Et je partage avec vous cet intelligent texte du toujours très pertinent Mononc Serge (en spectacle au Petit campus le 28 décembre) justement sur le sujet de Noël et quelques photos qui respirent le calme et la grandeur pour décanter tout ça.
la messe de minuit
osti qu’c’est dull
le vieux pédophile en soutane est heureux
de voir tant d’enfants dans la maison de dieu
la chorale des grosses matantes
chante des cantiques de caves
les mononc cochons tchèkent le cul des p’tites plottes de seize ans
pis y bavent
les flots s,impatientent
y’en n’ont rien à crisser
pensent rien qu’aux cadeaux
pourris, gâtés
crisses de p’tits mongols à marde
me semble qu’y’a des volées qui s’pardent
tantôt en rentrant à maison
j’irais ben dormir dans mes draps
mais non!
y’a l’osti d’réveillon
faut manger des tabarnak d’atocas
mais calme toi que j’me dis
on est mieux qu’ben d’autres
pense que noel est un jour comme les autres
pour le p’tit nèg’ qu’y’a faim
le p’tit nèg’, y croit pas en Jésus, le p’tit nèg’
y reste en afrique, y’a faim, pis y’é maigre
encore quatre cadeaux qu’y faut qu’j’achète
c’est plein d’monde partout
ça capote ben raide
y m’reste rien qu’une heure
m’a péter au frette
partout les speakers crachent
bruno pelletier qui chante noel
claude dubois, sylvain cossette
mario pelchat ou marie michèle
criss que j’les slogguerais toute la gang
j’sortirais mon sling shot et vlang!
les bosses sur leur crâne seraient plus belles
que toutes ces saint-siboire de boules de noel
mais je reste là planté entre deux bacaisses
j’fais la file comme eux-autres pour passer à’ caisse
qu’est-cé que j’fais là, tout ça est grotesque
criss que j’f’rais une ligne de mesc
mais les nerfs, r’viens s’a terre
c’est pas plus grave que ça
pense que noel est un jour comme les autres
pour le p’tit nèg’ qui a l’sida
le lendemain de noel
tout l’monde capote
dehors les crétins retournes d’ins magasins
encore des aubaines à n’pas manquer
moi j’reste à maison
chus sur le lendemain d’brosse
j’pense à fille du iga j’sors ma graine pis j’me crosse
pendant ces quelques secondes au moins
on dirait que j’ai moins mal à tête
et que l’tabarnak de temps des fêtes est enfin rendu loin
le gros vieillard barbu rouge tomate
les partys d’famille super platte
les matantes qui s’forcent pour finir leur assiette
pis après le fêtes se mettent à diète
r’garde un peu autour de toi
les fêtes sont atroces
tout l’monde s’force pour être souriant
mais on s’fait chier à l’os
et c’est noel pour nous autres
c’est l’apothéose de notre insignifiance
console toi en pensant qu’pour le nèg’ en afrique
c’est un autre jour d’indigence
le p’tit nèg’
y meurt
on s’en tabarnak
on est plein d’cadeaux







