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Des G.I. qui ont choisi la Chine: un documentaire touchant

À Historia voilà quelques semaines, j’ai eu la chance de voir l’excellent documentaire de Shui-Bo Wang, Des G.I. qui ont choisi la Chine.

Adolescent, Wang avait vu dans sa ville natale de Jinan un blanc occidental à bicyclette. Cette image l’avait beaucoup marqué, car il n’y avait pas d’Occidentaux en Chine à cette époque, dans les années 60-70. Des dizaines d’annés plus tard, le réalisateur qu’il est devenu entreprend recherches et enquêtes pour raconter l’histoire extraordinaire de ces G.I. qui avaient décidé, à la fin de la guerre de Corée, de ne pas rentrer aux États-Unis et de plutôt vivre en Chine.

En plus d’être intéressant et instructif, ce documentaire m’a bouleversé à plusieurs égards. J’ai trouvé très touchant et rassurant de voir que des soldats, dans les années 50, avaient décidé de réfléchir, se poser des questions et même remettre en cause ce qu’ils pensaient depuis toujours. Ce genre de constatation est un baume (temporaire) sur mon cynisme.

Il n’est jamais facile de se rendre compte qu’on peut avoir été dans l’erreur ou en tout cas peut-être pas autant dans la vérité qu’on le pensait, pendant un grand nombre d’années; il n’est pas facile de l’admettre d’abord, et encore plus difficile d’aller plus loin dans le questionnement, de chercher à connaître ce qui nous a été caché. Certains G.I. ont décidé de rester en Chine car ils avaient découvert avec stupéfaction que les Chinois n’étaient pas ce qu’on leur avait appris, n’étaient pas les « méchants » et les « ennemis » qu’on leur avait dit. Ils découvraient des gens comme eux qui tentaient de mettre en place un système nouveau, plus égalitaire, différent, moins discriminatoire. Ils découvraient que le socialisme n’était peut-être pas l’horreur dont on leur avait parlé. Ils avaient au moins envie d’apprendre à connaître mieux ces gens, et voulaient bâtir des ponts entre ces nations afin que des guerres comme celle d’où ils revenaient ne se produisent plus. Ces hommes ont remis en question non seulement leur éducation et les préjugés issus de leur culture, mais aussi leur rôle de soldat et l’endoctrinement de leur armée. Il faut beaucoup de courage pour cela.

Dans un extrait particulièrement intéressant, l’un de ces G.I., Samuel Hawkins, revenu aux États-Unis, répond aux questions agressives d’un journaliste, qui lui demande entre autres comment pouvons-nous savoir que vous n’êtes pas un espion au service des Chinois? pensez-vous vraiment que la guerre de Corée était une guerre inutile? croyez-vous que les États-Unis devraient reconnaître la Chine? Les réponses de l’ex G.I. sont honnêtes, réfléchies et courageuses. Bien qu’il sache que d’exprimer son opinion sur ces questions et sur d’autres puisse lui causer bien des problèmes, Hawkins croit qu’il doit dire la vérité sur ses motivations et ce qu’il a appris.

Découvrez ici un extrait disponible sur le site de l’ONF.
Lisez ici une entrevue avec Shui-bo Wang

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