6,71M$ pour mon boss, il n’en reste plus pour les employés ……
En août 2005, mon « association » (car je répugne à dire syndicat…) et l’entreprise pour laquelle je travaille (car je répugne à dire « mon » entreprise) ont signé un contrat, communément appelé convention collective mais qui pourrait tout aussi bien s’appeler torchon ou papier de toilette.
En effet, l’entreprise pour laquelle je travaille n’a jamais laissé un vulgaire contrat de travail entraver la job de démolition commencée il y a bien des années, au profit des gros actionnaires. L’ »association » qui me tient (malheureusement) lieu de « défense » n’a pas su ou n’a pas voulu reconnaître la mauvaise foi d’une entreprise qui demande que 40% des salaires soient gelés pour 4 ans (minimum) alors qu’elle fait de l’argent comme de l’eau. Cette « association » a cru ou a voulu croire, ou a voulu faire croire aux employés, que l’entreprise signait de bonne foi un contrat garantissant les salaires des 60% restants. Ces 60%, tout contents de ne pas perdre leur job, se sont bien foutu des conditions des 40% qui allaient s’appauvrir pendant 4 ans, et ont accepté dans la joie et l’allégresse de signer ce contrat médiocre.
La stratégie de l’entreprise était pourtant claire comme de l’eau de roche et il faut bien être représentante de l’acet pour ne pas l’avoir vue: il s’agissait de geler seulement 40% des salaires de façon à s’assurer de l’acceptation du contrat. Ensuite quoi? Ensuite, 8 mois à peine après la signature de la convention, on entame un vaste processus de révision des profils qui mène directement à la baisse salariale des employés visés. Ainsi, les nigauds qui ont cru leurs salaires garantis par un contrat de travail pour au moins la durée du dit-contrat voient-ils leurs salaires baisser plutôt qu’être gelés comme cela s’est produit pour 40% de leurs collègues au moment des négociations.
Pourrions-nous dire : bien fait pour eux, leur manque de solidarité leur coûte cher? Assurément, nous pouvons le dire et même l’écrire.
Toutefois, cela reste un bri de contrat. Cela reste un non-respect d’une convention collective pourtant négociée (!?!), votée et signée dans les règles. Cela reste surtout un non-respect des employés, un manque total de la moindre considération, un affront d’une arrongance sans nom.
L’entreprise pour laquelle je travaille a annoncé des milliers de coupures quelques semaines après avoir signé une lettre d’entente liée au contrat de travail garantissant les emplois.
L’entreprise pour laquelle je travaille transfère de plus en plus d’appels de clients vers des centres d’appels en Inde, malgré le fait qu’elle se soit engagée, toujours dans le même contrat, à consulter le syndicat et à envisager toutes les autres options avant de se faire.
L’entreprise pour laquelle je travaille va réduire les salaires de ses employés en cours de contrat, sans aucune justification valable et avec la complicité du syndicat, pardon « association », dont les représentants participent à cette mascarade.
L’entreprise pour laquelle je travaille produit toutefois de bien « bell » annonces avec 2 p’tits castors complètement mongols qui ne tarderont certainement pas à être remplacés par des tigres du bengales.
