Les Anges Vagabonds explusés de leur local: transformons la rue Mont-Royal boulevard taschereau
12th mar, 2006 par stephanie.beaucaire
La nouvelle était dans le Voir: les Anges Vagabonds, un des derniers disquaires indépendants, ont vu leur bail résilié par le propriétaire, sans raison donnée, mais tout le monde la connaît: 2000$ de loyer quand il pourrait en demander facilement 4000$ à Tim Horton ou SecondCup ou Starbuck, ou La Source, ou MacDo, toutes ces chaînes dont les franchises se multiplient sur l’avenue Mont-Royal.
Comme me l’expliquait Michèle hier (quand je suis allée acheter l’excellent disque de Catherine Durand!), on attire les touristes avec l’image du plateau Mont-Royal, avec une vie de quartier animée, des petits commerces charmants, des disquaires, des libraires, des fleuristes, des petits cafés….et quand ça marche, et bien on expulse tout ce monde là pour aller chercher le maximum de revenus avec des loyers prohibitifs. Les propriétaires n’ont aucun intérêt dans l’intégrité de l’avenue Mont-Royal, leur intérêt est purement monétaire; on ne peut donc pas s’attendre à ce qu’ils prennent en compte le fait que le départ des commerçants indépendants va éventuellement tuer l’achalandage de l’avenue. Comme cela s’est déjà produit sur la rue St-Hubert, entre autres.
Encore moins protégés que les locataires résidentiels (ce qui n’est pas peu dire), les locataires d’un local commercial peuvent voir leur bail résilié en tout temps, à seulement un mois d’avis. Comment peut-on trouver un autre local et déménager toute une boutique en moins d’un mois!!?!?! La situation dans laquelle se retrouve mon discaire est semblable à la mienne il y a un an, quand le nouveau propriétaire du 6 logements où j’habitais a décidé de transformer nos logements en condos. C’est actuellement interdit dans mon quartier, il y a un moratoire, mais personne ne fait appliquer ce règlement, car bien sûr la ville est bien contente de faire 6 fois plus de cash avec les taxes.
À force de pousser les pauvres et même les gens de la classe moyenne toujours plus à l’est, on va finir par les pousser dans le fleuve carrément. Dans quel genre de ville désirons-nous habiter, dans quels genres de quartier? Avec un macdo & un Tim Horton à tous les deux coins de rue, entre deux dollorama?? Y’a-t-il des limites à la spéculation sur le dos des gens ou si les loyers peuvent continuer à augmenter exponentiellement à l’infini???
En tout cas, allez faire un tour ces jours-ci si vous avez des disques à acheter, car ils seront peut-être un certain temps fermés…. et si vous avez un local commercial à louer à quelqu’un qui aime et encourage les artistes d’ici, la musique locale et indépendante, quelqu’un qui ne sacrifie pas aux modes, aux palmarès et au marketing, quelqu’un qui s’implique pour vrai pour aider la relève musicale, n’hésitez-pas à leur offrir votre aide.