Les nouvelles tactiques de pub visant les jeunes…..
Jamais je n’ai songé: que ne donnerais-je pas pour revenir en arrière et revivre mes 14, 15 ou 16 ans. Aujourd’hui plus que jamais je n’éprouve qu’empathie et compassion pour les jeunes de cet âge. Je n’en reviens pas de la dureté et de la complexité de leurs vies, à l’école, à la maison et même au travail pour une bonne partie d’entre eux. Ils doivent prendre des décisions graves sur des sujets qui les dépassent, ils sont plus qu’en tout autres temps confrontés à la violence, aux drogues, à la criminalité et plus banalement à l’égoïsme, l’individualisme et l’esprit de compétition ambiants. Ils subissent des pressions de toutes parts pour devenir adulte le plus tôt possible, pour travailler, être productif, réussir à l’école, être populaire, tout cela à la fois….et maintenant ils subissent aussi une pression pour posséder des biens et devenir ainsi de dignes consommateurs.
« Les jeunes représentent une cible en or pour les entreprises. Les nouvelles tactiques de publicité – directes et interactives – les visent plus que jamais ». C’est tiré du protégez-vous du mois de mars 2006 au sujet du marketing visant les jeunes.
On n’y apprend pas grand-chose qu’on ne savait pas déjà, mais cela est formulé avec une telle bonhommie qu’on se demande ce qu’on peut bien y trouver de répréhensible…..On peut ainsi y lire:
« S’il faut aller chercher les jeunes dans leur milieu pour leur injecter le virus de la consommation, où les joindre mieux qu’au bout de leur téléphone cellulaire? en a conclu la firme Dan Media, qui a orchestré une campagne de publicité dans les magasins Sears pour les parfums Oscar de la Renta. L’idée: proposer aux jeunes d’envoyer un message texte à partir de leur téléphone cellulaire, en échange de quoi ils pouvaient gagner un prix. Résultat: la compagnie a obtenu une banque de données de clients ciblés à qui envoyer directement ses prochaines publicités. Une mine d’or! »
Comment reprocher aux adolescents d’être les complices si complaisants de leur propre prise d’otage par les marchands de tous acabits? Leurs parents sont les serviteurs enthousiastes du culte de la consommation, considérant la possession comme la clé du bonheur. La plupart des gens qui m’entourent prétendent ne pouvoir qu’être heureux car ils ont une maison, ils ont une voiture, ils ont un set de patio, ils ont un grand terrain, ils ont une piscine, …….ils ont même des enfants.
Ne leur pétez pas leur balloune en leur parlant de l’environnement, de la pauvreté, de l’injustice, de la dictature des corporations et de la mort du politique, ces questions ne peuvent pas entrer dans le calcul visant à comptabiliser les éléments de leur bonheur dans l’équation: j’ai donc je suis.
Considérant que les enfants mêmes sont désormais recrutés par la grande armada des publicistes et vendeurs de cochonneries de toutes sortes, je ne vois pas comment nous pourrions nous sortir de cette impasse. Il est clair qu’il faut de plus en plus d’entêtement, d’esprit de contradiction et de courage pour s’opposer à ce courant, pour faire fi du matraquage dont nous sommes les victimes, pour ne pas céder à l’instinct propriétaire, pour demeurer convaincu qu’il faut réfléchir et décider par et pour soi-même.
