4000 mises à pieds, des actionnaires contents, un patron frisé, qui dit mieux????
2nd fév, 2006 par stephanie.beaucaire
L’entreprise pour laquelle je travaille a fait 2 milliards de bénéfices net l’an passé.
Les actionnaires et les investisseurs, comme on surnomme poliment ces requins, trouvent que ce n’est pas suffisant.
Mon employeur a donc décidé, pour la 2e fois en 2 ans, de couper 5000 postes, soit 4000 mises à pieds & 1000 emplois relocalisés dans une super fiducie de revenus qui sera formée sous peu.
Mon employeur n’est pas gêné d’annoncer à la fois une excellente année 2005 et 5000 coupures de poste, mais il se sauve quand même des journalistes, protégé par des garde du corps, quand on cherche à le questionner.
Mon employeur n’est pas non plus gêné d’affirmer que son entreprise va parfaitement bien, qu’elle est en excellente santé, quand 10% de ses employés sont menacés de perdre leur emploi.
Galilée, mathématicien, astronome et physicien de génie, fondateur de la science expérimentale, visionnaire, ouvert d’esprit et courageux, est maintenant associé à mon entreprise de la plus étrange façon car mon employeur, à qui le sarcasme ne fait pas peur, a nommé Galilée son plan de ….comment donc….restructuration opérationnelle et réduction des coûts.
C’est moi, ça, le coût à réduire. Je suis un coût. Comme employée, je ne suis plus considérée comme un atout ou une ressource pour l’entreprise, en fait je ne suis plus considérée du tout. Je représente une dépense, un coût, un problème dont il faut se défaire.
Quand mon employeur aura fini de démanteler l’entreprise pour laquelle je travaille, quand il aura mis sur la paille des dizaines de milliers d’employés tout en enrichissant une poignée de ses amis, il quittera la compagnie pour aller refaire la même chose au sein d’une autre entreprise, si toutefois il reste encore d’autres entreprises d’ici là .
Il continuera bien sûr d’empocher une douillette pension car il n’aura pas eu un salaire lui permettant de mettre des sous de côté pour ses vieux jours.
Il sera remplacé par un de ses semblables, probablement un de ses copains, qui tentera lui aussi de me saigner à blanc pour satisfaire ses amis gros actionnaires. Éventuellement, quand mon citron sera bien pressé, je serai remplacée par d’autres plus juteux, et la roue continuera de tourner. Le rouleau compresseur, plutôt.
Comme le disait Claude Péloquin, dans un autre contexte mais assez semblable au bout du compte:
“Vous êtes pas tannés de mourir, bande de caves???”