le scientisme: nouveaux dogmes, nouveaux criminels, même inconscience…
26th jan, 2006 par stephanie.beaucaire
Si vous avez envie de vous mettre en maudit, je vous suggère un débat avec un panel constitué de Hubert Reeves, Harvey Mead (président de nature québec), Pierre Desrochers (professeur au département de géographie de l’université de Toronto) et Réjean Breton (professeur de droit à l’université Laval), diffusé à l’émission Un autre regard, à la radio de Radio-Canada, que vous pouvez entendre ici. Le débat porte sur “la protection de l’environnement. Est-il utopique de concilier le développement économique, le respect de l’environnement et la lutte contre la pauvreté?”.
Au-delà du fait qu’on y découvre l’étendue de la stupidité de l’un des paneliste, on y trouve également un bon exemple d’un phénomène nommé le scientisme, nouvelle religion, “conception philosophique fondée sur l’idée que les progrès de la science constituent la clef de tous les problèmes humains.” (dico)
À ce sujet, je vous suggère un excellent article de la livraison de décembre du monde diplomatique, Quand l’optimisme n’a rien d’une valeur positive: une foi aveugle dans le progrès scientifique.
Parce que vous avez été gentils et que, comme la fille de l’annonce : vous le méritez bien (!), je vous offre en bouquet quelques extraits de cet article.
“Or, le progrès de la science n’est pas nécessairement celui de l’humain, sauf à accepter que notre destin soit régulé par les intérêts de l’industrie et de la bourse”.
“Est-ce la mise en marché de la science qui a provoqué son dogmatisme missionnaire ou l’inverse? Quand la technoscience devient en toute impunité la source d’artifices potentiellement dangereux, son pouvoir-faire révèle et consolide la dimension idéologique de l’activité scientifique, la croyance est alors érigée en connaissance exacte et approfondie. Il n’est donc pas exagéré de considérer que certains aspects de la science relèvent d’une attitude religieuse, ce qui s’accorde mal avec la rationnalité qu’elle revendique.”
“Dans le monde de plus en plus incertain que nous construisons, l’optimisme ne devrait pas être considéré comme une valeur positive, seulement comme un relent puéril de la croyance permettant de justifier la politique de l’autruche pour masquer une attitude suicidaire”.
“Quand, au nom des intérêts propres de la science, les plus hauts responsables de la recherche se déclarent hostiles au principe de précaution, ils laissent croire à des activités humaines dont l’intérêt serait supérieur à celui des humains eux-mêmes”.
“À côté du souci criminel de soutenir la compétitivité (des entreprises, des laboratoires, de la région, de l’État…), en courant plus vite que le voisin vers le précipice commun, une raison moins triviale mais tout aussi misérable explique la passivité des population: l’humanité ne peut pas perdre là où elle affirme le progrès technologique. Il s’agit d’une conception magique de l’évolution….”
“…ce pari que ça va marcher rélève d’une attitude dont la conclusion, forcément optimiste, précède la démonstration, i.e. d’une attitude non scientifique…”
“…s’il est admis que toute règle bio-éthique sera révisée par le savoir-faire technique, l’éthique n’est qu’une morale du destin…”