débrayage à tremblant: aller poser vos skis ailleurs!
16th déc, 2005 par stephanie.beaucaire
Sur le site de Mont Tremblant on peut lire que l’un des enjeux cruciaux pour l’entreprise est la sous-traitance; l’employeur ne cache pas qu’il veut pouvoir y avoir recours de plus en plus et tant qu’il veut. Ils appellent ça la flexibilité de la main-d’oeuvre…. on ne dit rien au sujet de la flexibilité de l’employeur……. Mont Tremblant se dit désolé de voir que le syndicat utilise des moyens drastiques…..quels autres moyens existent-ils pour se faire entendre d’Intrawest? comment penser que l’on puisse négocier équitablement quand la cie continue de faire du $ et que les services sont maintenus comme d’habitude?? Les employés de Tremblant vivent au milieu d’une richesse indécente et même répugnante, et ils devraient se contenter de faire .19$ de l’heure de plus qu’à ste-anne, que dis-je se contenter, s’en réjouir, remercier et s’écraser.
Il est à mon sens tout à fait immoral d’aller encourager un commerçant dont les employés sont en grève, quoique c’est pas ça qui nous arrête au Québec, si je me souviens bien des SAQ, desservies par des cadres, pleines à craquer pendant la grève…. Je suis toujours étonnée de voir à quel point les gens ont la vue courte….des collègues à moi, qui travaillent chez Bell, ont couru les saq ouvertes pendant la grève, ne songeant pas un seul instant qu’ils pourraient se retrouver dans la même situation sous peu, et même pire, car Bell serait en loi d’embaucher des scabs et a déjà sous-traités un grand nombre d’employés depuis plus d’une dizaine d’années …comment peut-on espérer obtenir de la sympathie et de la solidarité si on n’en démontre pas aux autres quand c’est le temps?? En ce temps où la sous-traitance nous guette tous sans exception, la moindre des choses serait de s’abstenir d’encourager les briseurs de grève et les cadres, souvent promus deux semaines avant le conflit, qui en sont donc techniquement bel et bien des scabs eux-mêmes.
Le droit de grève est un des seuls moyens, sinon le seul, par lequel des employés peuvent faire (un peu) mal à leur employeur et l’obliger ainsi à négocier de bonne foi. Si les grévistes sont systématiquement remplacés par des cadres, ou encore remplacés carrément (comme chez Vidéotron), quel pouvoir de négociation leur reste-t-il alors, quel équilibre peut-on espérer entre la corporation qui a les moyens et les employés qui ne peuvent plus exercer la moindre pression?
Remarquez que Tremblant est désavantagé comme employeur en comparaison du gouvernement qui n’a, lui, qu’à passer une loi spéciale pour que ses employés se retrouvent subito presto privé du droit de grève.
Nous régressons, c’est pas mêlant.