aspect guerrier des Jeux Olympiques
11th août, 2005 par stephanie.beaucaire
en suite du post “les jeux olympiques à montréal??? NON MERCI!”
Peut-être encore davantage que le sport même, un des fondements des Jeux Olympiques est certainement la géopolitique. Et cela ne date pas d’hier. Ainsi,
“les préoccupations stratégiques n’étaient pas absentes chez Pierre de Coubertin lorsqu’il prit l’initiative de recréer les Jeux Olympiques. Il avait en tête d’insuffler chez les jeunes Français un esprit de compétition, afin de rattraper l’Allemagne, pour laquelle la préparation physique avait été un facteur déterminant de la victoire de 1870. Dès 1913, on pouvait lire dans la presse sportive allemande: “L’idée olympique de l’ère moderne symbolise une guerre mondiale qui ne montre pas son caractère militaire ouvertement, mais qui donne à ceux qui savent lire les statistiques sportives un aperçu suffisant de la hiérarchie des nations” (réf).
Par la suite, les Jeux Olympiques sont devenus un tremplin pour des peuples revendiquant leur indépendances et le droit de participer aux jeux de façon autonome. Puis, après la première guerre mondiale, les JO vont devenir un véritable événement d’envergure internationale, offrant la possibilité au “pays hôte” de démontrer son savoir faire dans une multitude de domaines, et ses capacités technologiques et logistiques. De nombreux exemples étayent cette vocation, tels que les boycotts, les attentats, ainsi que et surtout le choix de la ville organisatrice. Ce choix est définitivement basé sur des préoccupations géopolitiques, économiques et stratégiques. Le choix de la ville organisatrice des jeux de 2008 en est la preuve ultime, si jamais on en doutait encore:
“Athènes - qui fut dans l’Antiquité le berceau de la philosophie et de la démocratie - passera (…)le flambeau olympique à Pékin, symbole sinistre du despotisme oriental. Les thuriféraires du sport fermeront alors pudiquement les yeux sur les violations massives des droits humains en Chine, à seule fin de préserver la “réussite” de la fête olympiques en 2008. Oubliés les camps de travail, les mensonges d’État, l’occupation du Tibet, la répression sanglante de la place Tiananmen, les exécutions publiques des condamnés à mort, les exactions de la police politique, les menaces contre Taiwan, la normalisation de Hongkong. Les festivités olympiques serviront, une fois encore, de paravent à un exercice de propagande pour un régime totalitaire. Et la phraséologie sportive, avec son humanisme de pacotille, de justification à une opération de marketing politique pour la bureaucratie chinoise. Comme à son habitude, la finalité sans fin du sport légitimera le monopole de la violence illégitime d’une tyrannie”. J.-M. Brohm, M. Perelman & P.Vassort, Les héros mythifiés de l’olympisme, Le monde diplomatique, lire l’article complet.