la corée du sud: exemple éclairant pour nous tous
11th juil, 2005 par stephanie.beaucaire
Dans la livraison de juillet du monde diplomatique, un court billet au sujet de la Corée du sud, par Ignacio Ramonet. La mâchoire nous décroche en lisant comment les Coréens du sud se sont bien fait avoir, et en un temps record, par les mirages du “développement” et de la mondialisation. On se demande si c’est bien le journal que l’on tient en main, ou si on ne se voit pas plutôt dans un miroir.
La morosité de la Corée du Sud, ne tient pas qu’à ses querelles avec le Japon ou à son voisin encombrant, la Corée du Nord, de qui elle essaie en fait de se rapprocher dernièrement. La situation économique de la Corée du sud se détériore à une vitesse fulgurante, à la même vitesse en fait qu’elle s’est “développée” pour sortir le pays du Tiers-monde. Cité dans l’article, le directeur des relations internationales du Parti démocratique du travail, M.Bae Joon-beom, explique:
“En un temps relativement court (…) la Corée du sud est passée du sous-développement à une industrialisation très avancée. Actuellement, grâce aussi aux luttes sociales conduites depuis le rétablissement de la démocratie en 1987, notre niveau de vie est semblable à celui de la moyenne des États de l’Union européenne. Les salaires ont beaucoup augmenté. Nous étions un pays de main-d’oeuvre bon marché. Ce n’est plus le cas. Conséquence: nous subissons de plein fouet les effets de la mondialisation. Nos grands industriels, les chaebol comme Samsong, Hyundai, Daewoo ou LG, qui ont été le fer de lance de notre essor économique, délocalisent massivement. D’autant plus volontiers qu’ils installent leurs usines tout près, chez nos voisins chinois!”
N’est-il pas incroyable de lire ça??? La Corée a rattrapé le niveau de vie de nos pays occidentaux en un temps record, tellement rapidement qu’elle prend de l’avance même sur la débandade qui nous guette tous. Nous allons pouvoir suivre en direct, par procuration, le sort qui nous attend tous, si nous ne l’avons pas encore vécu, ce qui n’est pas la chance de plusieurs de mes collègues, ou ex-collègues devrais-je dire. Les conditions de ces travailleurs coréens se sont déjà détériorées à la mesure de ce qui se produira inévitablement ici aussi: “sur 13 millions d’actifs en Corée du sud, 8,5 millions subissent le temps partiel, le travail précaire ou occasionnel. Et ceux qui ont un travail fixe sont exposés à l’insécurité, la flexibilité, les délocalisations, le harcèlement permanent et la violation des lois sociales par les patrons”.
La concrétisation des promesses de bonheur liées au travail, à la consommation et à la richesse auront été de courte durée. Le fléau de la sous-traitance qui a le pied dans la porte chez nous est bel et bien entré chez les Coréen du sud:
“Entre une entreprise donneuse d’ordre et le salarié qui exécute la commande (…) il y a parfois sept paliers de sous-traitants. L’ouvrier ne sait pas exactement pour qui il travaille. La responsabilité du principal bénéficiaire de la production se dilue dans la jungle des sous-traitants. En cas de problème, le salarié occasionnel est souvent sans recours. Car les syndicats des travailleurs précaires ne sont pas reconnus”.
Comme le disait Camille Samson, cité librement par mon père: “nous sommes au bord du gouffre….faisons un pas en avant”!!!
En fait il a dit: “le parti libéral nous a mis au bord du gouffre, avec le parti créditiste nous allons faire un pas en avant!”