tiraillement
31st jan, 2005 par stephanie.beaucaire
Je suis constamment tiraillée entre une résignation, un sentiment d’être dépassée par les événements, une envie de laisser faire, de laisser aller, la tentation de me foutre de tout, de me déclarer vaincue et de passer à autre chose, de me consacrer à ma vie à moi, simplement. Et d’un autre côté, une envie de lutter contre ma propre désillusion, une envie de révolte, de prendre les choses en main, de les dire, de les expliquer, un besoin de contester, de savoir et de faire connaître, l’idée que tout n’est pas perdu, qu’il vaut la peine de travailler, qu’on n’a jamais été si près d’être solidaires, à l’échelle de la planète même, mon étonnement face aux actions concertées de milliers et même de millions d’être humains qui refusent de plier l’échine, qui veulent que le monde change et qui prennent les moyens pour cela. Je dois constamment lutter pour ne pas me laisser envahir par ma paresse naturelle qui m’entraîne à la dérive, je sais qu’on ne peut pas se contenter d’être blasé, se résigner à la bêtise, qu’on ne peut pas vivre convaincu que tout est peine perdue. Deux propensions : l’une au discours, à l’argumentation, à la pensée, à la discussion, au combat, au militantisme, à la lutte, à la solidarité ; l’autre, à la déprime, à la paresse, au « lâcher prise », à l’écoeurement, à l’individualisme et à l’isolement.