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Désert de Gobi, blottis dans nos sac de couchage, sous la tuque nous poussons nos écouteurs dans nos oreilles, play: Stephan Bureau nous présente Enki Bilal. Nous écoutons ce podcast sans avoir la moindre idée de l’identité de l’invité. Et nous voilà complètement pris par cette histoire, celle de Bilal, né à Belgrade, réfugié à Paris à l’âge de 10 ans, génie de la bande dessinée qui transpose dans son oeuvre les couleurs de sa ville natale et de la guerre. Passionné et passionnant, son propos est aussi intelligent, acéré, lucide et terrifiant.

L’intégrale de cette entrevue est disponible en podcast sur le site de Contact, ainsi que des videos d’extraits inédits de l’entrevue. Toujours sur le site de Contact, une foule d’autres informations, notes biographiques, dossier de recherche, bibliographie … plus complet que tout ce que l’on retrouve ailleurs sur internet.

Je vous suggère aussi de visionner ces deux videos: le premier qui date d’avant la sortie du volume le sommeil du monstre, où l’on peut voir Bilal dessiner ses oeuvres magnifiques, ainsi qu’un video plus récent, édité par canalObs à la sortie de l’album quatre, dernier album de la tretralogie.



 

Comme j’arrive de voyage, je suis peut-être un peu en retard dans les nouvelles, mais je viens de voir un nouveau vidéo des Vulgaires Machins, sur la chanson être un comme au texte intelligent et incisif.

On s’en va nulle part
si la substance se résume au symbole
on s’en va nulle part
si l’action confirme pas le sens de nos paroles


Nous volons au-dessus du Groenland. Le soleil est haut et tellement puissant que les volets des hublots sont brûlants. Sous ce ciel radicalement bleu, je vois à la surface de l’eau noire la glace qui renvoie le reflet rond de l’astre jaune. Les grandes ailes argentées captent la lumière qui m’aveugle mais je scrute sans cesse la terre que nous survolons, le nez collé à la vitre crasseuse. C’est tout à la fois splendide, extraordinaire de beauté, et vertigineux d’angoisse et de folie. Comment se peut-il que je vois le Groenland du haut des airs? Les nuages tentent de s’agglutiner pour me cacher le paysage, mais il n’en devient que plus majestueux, paré d’ombrages énigmatiques. La beauté de l’ensemble me distrait de l’anxiété que ressent mon corps face au vide qui nous sépare, moi et le continent, moi et la terre. Comment se peut-il que l’arrogance de voler ne soit pas punie, ne soit pas payée du prix fort que j’anticipe pourtant avec résignation toutes les fois que je monte dans un avion? Ce blanc, ce bleu, cette pureté de contraste est plus grande que ma peur qui s’efface un court moment devant le spectacle qui m’est offert.


Dans Le monde aujourd’hui, un article au sujet des 10 photos que Robert L. Capp a donné à la Hoover Institution. Il avait présumément demandé qu’elles ne soient pas rendues publiques avant 2008. Les raisons de ce secret ne sont pas connues.

M. Capp était un des soldats participant  aux forces américaines d’occupation du Japon à la fin de la seconde guerre mondiale: ““En fouillant une cave près d’Hiroshima, explique Sean Malloy, historien et chercheur à l’Université de Californie, à Merced, Capp est tombé sur des pellicules non développées : parmi elles, il y avait ces photos.” Leur auteur, japonais, est inconnu.”

Même si nous avons malheureusement l’habitude, maintenant, de voir des scènes insoutenables de violence et d’abus que nous soutenons malgré tout en soupant tous les soirs, ces photos sont un témoignage bouleversant de ce qu’est véritablement la guerre: une activité meurtrière et criminelle, sans aucun doute.

Je pars en voyage samedi. Mais comme à chaque fois, il y a longtemps que ce voyage est commencé. Il a commencé avec le visionnement d’un film, Urga, un film extraordinaire de Nikita Mikhalkov (à qui on doi également le chef d’oeuvre Oci Ciorne).

Fascinés et bouleversés par la beauté des steppes mongoles, nous nous sommes tout de suite dit : il faudrait y aller! Mais cela nous paraissait comme un rêve ou un projet lointain. C’est la première étape du voyage, où l’on se dit: tiens, ce serait pas pire d’aller voir ça ….

Les années passent et on fait d’autres voyages …. et on a toujours en tête cette destination qui nous fait rêver. Un bon jour on décide d’en vérifier la faisabilité! On compte, on recompte, on projette, on questionne, on s’informe, on fait le tour des forums ….. et puis on se décide!

Depuis le mois d’octobre 2007, nous savons que nous visiterons la Mongolie en mai ….. Cela nous paraissait tellement loin, mais bien sûr le temps file, et nous voici à deux jours du départ. Fébriles, excités, et encore surpris de penser que nous débarquerons finalement à Ullaan Bator lundi matin, ce lieu dont nous avons rêvé si longtemps.


Dimanche dernier, au la musicienne Marie-Pierre Fournier présentait son spectacle. Nous sommes allés faire un tour, attirés par ce que nous avions déjà entendu d’elle lors d’une première partie de Galaxie 500 au Café Campus, et aussi par les musiciens qui l’accompagnaient: Olivier Langevin, Louis-Jean Cormier, François Lafontaine et Robbie Kuster! Disons que les chances que ce soit médiocre était à peu près nulles! Et ce fut très bon! Comme nous n’avions payé que 7$, je serais même portée à dire que c’était excellent! Si Marie-Pierre Fournier compte faire un disque, je serai définitivement preneuse. Le style n’est plus uniquement country comme le show que nous avions vu avec son band au café campus, c’est beaucoup plus éclectique. La musique est assez élaborée, il faut dire que les “collaborateurs” le permettent … ! Il y a eu plusieurs covers intéressants, mais comme les compositions étaient très très bonnes, j’aurais préféré en entendre davantage. La voix est belle, les textes sont biens, la musique est excellente. Nous avons passé une très très bonne soirée, et attendons avec impatience la sortie d’un disque et de futurs spectacles.

J’avais déjà vu Éric Proulx en entrevue, à Pinard ou DiStasio, à la Semaine Verte, je ne sais plus …..à l’émission de Latulippe aussi ….

Éric Proulx est artisan fromager et paysan chevrier. Il a fondé la Ferme Tourilli, une fromagerie artisanale qui produit des fromages de chèvres de grande qualité.

Il est aussi un interlocuteur passionné quand il parle de l’agriculture québécoise, du terroir et de l’artisanat. Il comprend tous les grands enjeux, les explique bien et précisément et communique une émotion bouleversante en le faisant.

Canal D a diffusé, dans le cadre de DocuD, un excellent documentaire que vous pouvez visionner sur leur site, Le reel du fromager. Le film présente “un portrait réaliste d’un artisan fromager, chevrier paysan, face au contexte agro-alimentaire québécois actuel.”

Éric Proulx est volubile, intelligent, informé et articulé. Ses propos sont vivants, sa passion et son enthousiasme communcatif, et son entêtement est admirable. Ce film suscite beaucoup de questionnements et de réflexion, sans être jamais ennuyeux, et vous touchera droit au coeur, j’en suis sûre.

C’est peut-être une question de tempérament, mais en ce qui me concerne, il a aussi enfoncé plus avant la lame du découragement … je ne vois pas comment nous parviendrons à nous sortir des ornières où notre égoïsme et notre ignorance nous ont conduits.

Le nouveau (et excellent!) disque de Philippe B est sorti aujourd’hui.

Comme les disquaires indépendants se font de plus en plus rares, mon chum se pointe chez Archambault ce midi même pour acquérir le dit-cd. Cherche dans l’étalage “nouveautés francophones” …. rien. Demande à une commis: “ben, c’est dans Jazz ça!” …. ?!?!?!?!?!??!

Quoi, Philippe B n’est plus francophone? Son disque sorti aujourd’hui ne serait pas assez récent pour figurer dans les nouveautés? Peut-être tout simplement quand la musique est trop élaborée et qu’on y comprend rien, on sacre ça dans le tas Jazz au fond …?? Va savoir.

Tout ça pour dire: ne faites pas comme nous, achetez-le directement du site internet de Proxenett, sa compagnie de disque, au lieu d’aller encourager l’ignorance et l’incompétence chez Archambault. Leur boutique en ligne fonctionne très bien et vous pourriez tenter votre chance avec des albums de Gwenwed en même temps, pour découvrir toutes les facettes de cet artiste.

Bonjour Mme Pilote. Je vous ai entendue ce matin dire à Chistiane Charette qu’une femme qui vit dans un loft du plateau, mange du sushi et soupe à 20h n’est pas une femme ordinaire ……. tiens donc, me voilà exclue de votre groupe sélect. Je me demande d’où vient cet manie des femmes de vouloir se regrouper en petites gangs homogènes, méfiantes envers celles qui ne vivent pas comme elles ….. toutes les femmes sont “ordinaires” en ce sens qu’elles partagent toutes les mêmes caractéristiques biologiques qui les identifient à jamais; elles sont aussi toutes extraordinaires comme l’est en fait chaque individu, unique et semblable.

Je suis étonnée que votre démarche prenne sa source dans l’exclusion de celles qui ne sont pas conformes à votre projet, et dans la glorification du modèle usuel et considéré comme la norme alors que toutes les luttes devraient viser à libérer tous les êtres des conventions et des carcans qui les empêchent de voler plus haut et d’affirmer ce qu’ils sont réellement. C’était une réelle déception pour moi d’entendre de votre part ce discours réducteur, vous que j’avais toujours trouvé si affirmée et si indépendante. J’ai découvert un mépris et une pensée obtue que je ne soupçonnais pas. J’ai pris la mesure du chemin qu’il reste à parcourir pour que toutes les femmes soient en mesure de vivre la vie qui leur tente, sans être jugées, car vos petite capsules (de qualité médiocres en passant) empestent non seulement la frustration, mais surtout l’opportunisme à plein nez.

Visiblement, nous ne sommes pas sorties du bois.

Dimanche 30 mars, au Cheval Blanc, la soirée Duos de l’ange nous a ravi les oreilles (et le gosier, avec la superbe stout maison, mmm!!). Le numéro final avec les deux Langevin, Olivier et Michel away, était incroyable!!!! Une seule pièce d’une dizaine de minutes, livrée avec une énergie et un talent complètement renversants!!

Et le numéro d’ouverture, livré par SEBA et Vander, était tout aussi excellent, avec trois très très belles adaptations des chansons de Gatineau.

Duo_Appetizer

Le disque de Gatineau en est un que j’écoute en boucle ces derniers mois, et je vous recommande une entrevue avec SEBA sur bande à part. Une longue entrevue touchante qui révèle quelqu’un d’authentique, allumé, intelligent et articulé, toutes des qualités qui ne courent pas les rues et méritent d’être soulignées.

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